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Claude Malhuret : "Sans la métropolisation, on n’existe plus”

Président du pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne Métropole, le maire de Vichy Claude Malhuret précise les enjeux de cette construction métropolitaine en Auvergne, dans le cadre de la nouvelle grande région. Le pôle tient ses troisièmes assises, samedi à Vichy.
 
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Claude Malhuret, Président du pôle metropolitain Clermont Vichy Auvergne

 • On sent un besoin d’accélération dans la construction du pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne.  Pourquoi ?  

« La création de la grande région a été un booster : il y a une extension du périmètre du pôle, des EPCI ont adhéré récemment, d’autres qui étaient associés sont entrés, des gens qui étaient réticents ont compris l’enjeu. Ce qui qui était apparent à Godard (maire de Clermont-Ferrand de 1997 à 2014) et à moi, à Bianchi (maire de Clermont depuis 2014) et à moi, à d’autres présidents d’EPCI est devenu évident à tout le monde.  J’ai demandé leurs premières impressions aux nouveaux conseillers régionaux : on n’existe pas, disent-ils. Alors que les Lyonnais existent avec leur immense métropole, que les Grenoblois existent avec leur métropole, que les Savoyard existent. Si on n’arrive pas faire un vrai pôle métropolitain à l’ouest, on a un vrai problème.   Notre slogan est simple : sans une métropole d’équilibre à l’ouest de la région, l’ouest disparaîtra, » 
 
 
• L'étape de la métropole, vous l'imaginez sur quel territoire, A Clermont-Ferrand ou beaucoup plus large ?  

« Sur tout le territoire. Clermont est en train de faire sa communauté urbaine – à partir du 1er janvier 2017. C’est à partir de cette communauté urbaine que l’on fera la métropole mais sur le territoire du pôle métropolitain, de Brioude à Vichy. La question est quand ? On remplit les critères, seulement on est en retard. La communauté urbaine de Clermont n’existe pas encore. Moi, je suis pour le faire le plus vite possible.  
 
 
• Tout le monde ne va pas aussi vite...  
 

« Dans mon esprit, dans celui d’Adenot (président du Grand Clermont), à mon avis dans celui de Bianchi, le but c’est ça. Mais vous avez quinze EPCI dont des EPCI ruraux qui n’adhèrent peut-être pas aussi vite.  De ce point de vue la création de la grande région a été un accélérateur fantastique : il y a une grande différence entre avant et maintenant. Avant, c’était est-ce qu’on ne va pas se faire manger par Clermont ? Maintenant, si on ne veut pas se faire manger par Lyon, il faut faire la métropole. »

 
 
Le périmètre actuel du syndicat métropolitain : en orange les membres, en jaune les membres associés
 
 
• Pourquoi ne pas rester en pôle métropolitain ?
 
« L’avantage du pôle est de concevoir les stratégie à l’échelle métropolitaine et deuxièmement c’est de préparer la métropole. Ce n’est pas seulement un pôle métropolitain qui peut rester face aux autres métropoles, dans mon esprit et dans l’esprit de Dominique Adenot (président du Grand Clermont) et je pense dans celui de Olivier Bianchi, le pôle métropolitain c’est la préparation de la métropole. » 
 
 
• N’allez-vous pas rajouter une couche au mille-feuilles territorial ?? 
 
« La métropole décide la stratégie et la met en œuvre. Ça n’ajoute rien car les compétences transférées sont retirées aux EPCI. Regardez ce qu’on est en train de faire à Vichy : on est en train de transférer du personnel des communes à la communauté d’agglomération. On ne recrute pas on transfère. » 
 
 
 • Les freins ont-ils sauté ? 
 
 « Je le pense, on verra ça samedi mais beaucoup de freins ont sauté, les gens sont pour qu’on y aille. »    
 
 
• Que deviennent les départements dans cette évolution ?  
 
« Les EPCI n’ont pas les mêmes compétences : transférer leurs compétences à une métropole ne changera rien aux compétences des Départements On ne va pas prendre les compétences des départements. Ce que je ressens c’est surtout que ceux qui sont en dehors disent : nous, on va être laissés sur le chemin.  Et ils voudraient même être dans la métropole... mais à ce compte on va refaire la région Auvergne ! La métropole a un territoire qui ne pas être indéfiniment extensible. On leur dit : la métropole sera un pôle d’attraction dont vous bénéficierez, Les territoires ruraux qui avancent sont ceux qui sont dans l’attraction d’une métropole. Notre idée, c’est d’être une métropole ouverte : les territoires périphériques bénéficierons plus de la métropole que de l’absence de métropole. Petit à petit, ils le comprennent. » 
 
 
 •  Quels sont les dossiers qui peuvent être symboliques du pôle métropolitain ?
 
« Un dossier fondamental, c’est l’Allier, un axe structurant que l’on ne pas pas découper en petits tronçons. C’est quand même plus convaincant de s'adresser à des chefs d'entreprise avec Clermont Vichy Auvergne, plutôt que chacun de son côté.  Sur le train, cela va au-delà sur le POCL on parle maintenant avec Lyon, c’est toute la grande région qui va parler pour le POCL c’est toute la grande région qui parle, ce serait ainsi même sans la métropolisation. »
 
 • Un réseau de métropoles dans la grande région, c'est une piste ?  

« Aujourd’hui, on ne peut pas tout faire t la fois, on consolide la métropole. Mais cela existe déjà pour certains domaines : le Cancéropôle, c’est l'exemple d'un de réseau de métropoles, Clermont, Grenoble, Lyon. La grande région va accélérer ces réseaux et coopération mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.» 
 
 
 • Si vous deviez résumer l’enjeu en une phrase ? 
 
« Si on échoue à faire un pôle d’équilibre à l’ouest de la grande région, on s’effacera. C’est "to be or not to be", être ou ne pas être. »
 
Source : lamontagne.fr