Vous êtes ici

AVEC LA FUSION, L'ÉTAT A-T-IL QUITTE L'AUVERGNE POUR LYON ?

Les directions de l'État ont presque toutes quitté l'Auvergne pour Lyon en 2016. Comment l'État s'est-il réorganisé ? Comment ça marche aujourd'hui ?

carte auvergne rhone alpes

Que reste-t-il de l’État en Auvergne ?

Une seule direction centrale, celle de la Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Draaf) à Lempdes. Les autres directions régionales de l’État, mais aussi celles de Pôle Emploi ou de l’Insee ont suivi le préfet et le Conseil régional à Lyon.

effectif auvergne rhone alpes

 

L’État ayant décidé de ne pas obliger les agents à la mobilité, seuls 55 agents ont accepté une mobilité géographique sur l’ensemble de la région. Donc, au final, les effectifs n’ont pas (pour l’instant) fondu en Auvergne. Mais avec le recentrage des missions à Lyon, certains fonctinnaires ont dû changer de fonction. Sur les services régionaux directement rattachés au préfet, il y a eu 386 mobilités fonctionnelles en 2016, soit 12 % des effectifs. Pour seulement 55 mobilités géographiques.

« Toutes les directions sont organisées en bi-site et ont gardé les emplois dans les deux capitales. Et pour prendre en compte l’éloignement, nous avons conforté l’échelon départemental. » Pierre Ricard (secrétaire général adjoint pour les affaires régionales )

A la Draaf, le directeur régional, Gilles Pélurson, était auparavant en poste à... Lyon. Il est maintenant installé à Lempdes et vante les vertus de cette implantation.

« Cela fonctionne, tout est une question de rigueur et d’organisation, explique-il. La seule différence, c’est que mon temps de présence à Lyon, à proximité du préfet est moindre. J’ai passé 3/5 de mon temps à Clermont et 2/5 à Lyon. »
Dans cette administration, la présence en Auvergne a même été renforcée avec « quatre à cinq postes » gagnés sur Lyon. Dans toutes les autres directions, le balancier est inverse.

De quoi faire grincer des dents :

« On voit bien que, dans l’organisation entre les deux préfectures de région, l’une a pris le pas sur l’autre. On a juste laissé quelques petits bouts à Clermont-Ferrand. » Laurent Wauquiez (président LR du Conseil régional)

L’État doit aussi gérer la distance : des réunions sont organisées à Roanne ou Saint-Étienne et la visioconférence a été développée. Une navette interministérielle, sous-traitée à un transporteur privé, assure même le lien entre Clermont-Ferrand et Lyon, les mardis et les jeudis. Elle circule à condition d'avoir au moins dix passagers, entre le jardin Lecoq et la Part-Dieu, avec un arrêt à Lempdes, à la Draaf, principal fournisseur de voyageurs.

« Cela nécessite que l’on progresse encore, en 2017, sur l’utilisation et l’appropriation de nouvelles techniques de communication », indique Gérard d’Humières, secrétaire général adjoint chargé de la modernisation et des moyens.

Le campagnol à Clermont, le loup à Grenoble

Dans le cas de la Draaf, l’expertise est restée à proximité.
« Quand on organise une réunion sur le campagnol, on la fait à Lempdes car c’est un problème plus présent en Auvergne, précise Gilles Pélurson. Mais si on traite de la viticulture c’est à Lyon. Si c’est le loup, à Grenoble. L'implantation à Clermont est justifiée, ne serait-ce que pour des raisons opérationnelles. En interne, je sais que tout n'a pas été simple, qu'il faut un temps nécessaire d'adaptation et d'appropriation. Mais je considère aussi que cela nous pousse à évoluer. »

Reste une question : la localisation de la Draaf à Lempdes sera-t-elle durable ? Cela ne fait pas de doute pour son directeur actuel :

« Quel responsable politique osera changer? Je n’en vois pas. C’est aussi parce que l’on montrera que cela fonctionne, et si cela fonctionne c’est que cela correspond à une réalité de terrain. » Gilles Pélurson (Directeur de la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes, à Lempdes)

Source : www.lamontagne.fr