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Jérôme Déchamp, un coach au sommet

Par la qualité de ses entraînements et son esprit décisionnaire, le Vichyssois Jérôme Déchamp a conduit deux bateaux de l’équipe de France poids légers vers l’or et le bronze aux récents JO de Rio.

jerome dechamp - vichy

Un entraîneur vichyssois sur le toit de l'Olympe, c'est du rarement vu. Pratiquement une première. Jérôme Déchamp est entré dans le panthéon des responsables sportifs les plus performants. À Rio, l'entraîneur national vichyssois a fait coup double. De l'or et du bronze ont récompensé un travail de 4 ans sur des bateaux réservés aux poids légers. Sans tirer la couverture à lui pour ces deux faits de rames.

L'avènement d'un groupe

Le premier morceau de bonheur a été la médaille d'or. « C'était programmé mais on n'était pas à l'abri d'une contre-performance, explique Jérôme Déchamp. Cette victoire est l'avènement de 4 années de travail. À ce niveau de compétition, tout doit bien fonctionner. Et ça nous a souri. Cette médaille d'or, c'est le partage d'un travail en commun, de la confiance entre nous tous. D'où une grande joie. »

Pour atteindre le Graal, la problématique de sélection s'est fait jour. Surtout pour la formation de la future embarcation championne olympique, avec Azou-Houin. Par la responsablité de son poste de chef des poids légers (c'est sa fonction à la fédération, Ndlr), Jérôme Déchamp a « brisé » le duo champion du monde Azou-Delayre. « Nous avons un système de sélection, avance Jérôme Déchamp. Il est basé sur la performance individuelle du travail hivernal, des championnats de France. À 22 ans, Pierre Houin s'est montré le plus fort juste après Azou, le meilleur rameur du monde. Stany Delayre, champion du monde en titre, devenait remplaçant. Il a compris que l'intérêt général passait en priorité. L'entraîneur de ce bateau, Alexis Besançon, avait décodé ce choix cornélien. »

Après ce remue-ménage à trois dans le deux de couple où la performance sportive a pris le dessus sur la dimension humaine, Jérôme Déchamp a trouvé un second bonheur avec le 4 sans barreur. Une fois passé sous les fourches caudines individuelles de sélection, ce bateau a aussi connu du changement. « J'ai changé le chef de nage face à une opposition où les prétendants aux médailles étaient nombreux. Six plus exactement. Le défi a été relevé avec l'obtention de la médaille de bronze. »

Une fois fêtée ces coups de force au village olympique, « Tony Parker, Tsonga, Teddy Rinner étaient avec nous », et les rames rangées, Jérôme Déchamp est passé dans le rôle de spectateur. « J'ai suivi les finales des handballeurs, le beach-volley et Usain Bolt pour sa 3 e médaille d'or. Grandiose ! », se souvient-il.

La tête toujours dans les étoiles brésiliennes, Jérôme Déchamp n'en oublie pas pour autant son club, le CA Vichy : « Je lui dois tout. Je ne peux omettre Gilles Purier, actuel DTN adjoint, ni Louis Corréaud, ancien président de la Ligue d'Auvergne. Deux grands serviteurs de l'aviron. »

Source : lamontagne.fr