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Le groupe Fleurus à l’heure du luxe

Les 1.800 m2 du nouvel atelier de production de Fleurus ont ouvert l’an dernier à Bellerive-sur-Allier et, déjà, le groupe de maroquinerie de luxe se trouve à l’étroit. Il aurait aussi besoin de pousser les murs de son site de Saint-Flour. « Nous avons des perspectives de croissance à court terme, donc des besoins d'agrandissement pour tenir compte de ces développements», confient le PDG Yves Laval, fils des fondateurs, et sa fille Frédérique (*).

Dans l’univers ultraconfidentiel de la mode et du luxe, Fleurus s’est taillé une réputation à la hauteur des attentes des donneurs d’ordre les plus prestigieux. Ceux dont les noms font rêver mais qu’on ne se risque surtout pas à révéler, sous peine de perdre la confiance du client. « C’est notre avenir qu’on joue à chaque projet. » Outre la discrétion, le groupe puise sa force dans son savoir-faire historique de fabricant de bracelets-montre en cuir. « Notre expérience de maroquinier est à destination du monde de l’horlogerie, un marché qui se porte bien et qui a évolué vers le haut de gamme. C’est un savoir-faire qui a disparu et que nous sommes les derniers à maîtriser en France, détaille Yves Laval. En maroquinerie, le bracelet-montre est l’objet le plus compliqué à fabriquer. Quelqu’un qui sait le faire est capable de tout faire et de passer partout. »

En 1942, c’est autour de cet accessoire, qui remplaçait alors peu à peu la montre à gousset, que Fleurus a été créée à Saint-Flour. « Il fallait pallier le manque de fournitures dans l’horlogerie », raconte Yves Laval, dont le père vendait de la fourniture horlogère et la mère travaillait dans l’horlogerie paternelle. Les années cinquante sont celles du transfert à Vichy, « ville-phare à l’époque », pour faciliter l’accès à de nouveaux marchés. Fleurus développe alors les produits à destination des bijoutiers-horlogers (montres, écrins, agencement de magasins, etc.) et construit sa première usine à Bellerive-sur-Allier en 1957. « Le retour dans le Cantal date de 1971. Fleurus avait besoin de croissance et Saint-Flour d'industrialisation. Les cuirs Meillon, à Romans, ont été rachetés en 1975. Les premières exportations datent de ces années-là, quand on a commencé d’équiper, en sous-traitance, des fabricants mondiaux. »

Ces nouveaux marchés ont permis au groupe de rebondir quand l’évolution des modes et la mondialisation ont fait baisser la cote du bracelet en cuir. Dans les années quatre-vingt, une partie de la production a été installée à Madagascar et les salariés employés en France ont été formés aux travaux de soustraitance. Aujourd’hui, chaque site a sa spécificité dans ce groupe qui évolue à son rythme, discrètement. « La croissance dépend beaucoup des locaux et de la formation des gens. On en intègre environ trente par an. »


(*) Fin janvier, la Ville de Bellerive a approuvé le nouveau Plan local d’urbanisme (PLU), après avoir adopté une modification de zonage permettant l’extension de Fleurus sur son site du chemin du Moulin Masan.

Source : La Montagne