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L’hommage des Vichyssois à Guy Ligier

Sportif accompli et entrepreneur opiniâtre, Guy Ligier s’est éteint, dimanche à 85 ans, à Nevers. Il laisse des souvenirs impérissables à ceux qui l’ont croisé.

Un battant, un gagneur, un costaud… Guy Ligier, décédé dimanche matin à l’hôpital de Nevers, a marqué les esprits dans la région de Vichy, où il est né, en 1930, où il a grandi et où il a prospéré. Copains, collègues et employés se souviennent de lui.

Guy Purier. « On s’est connu à l’âge de 14 ans, raconte Guy Purier, ancien de l’Aviron vichyssois. On ramait ensemble et on jouait au rugby. Guy a aussi fait de la boxe. Il a pratiqué tous les sports. Il était costaud, accrocheur. Il a arrêté de ramer pour le sport mécanique ».

Louis Corréaud. Dans les années 1960, l’entreprise de travaux publics de Guy Ligier assurait les travaux de terrassement du lac d’Allier et du centre omnisports pour le maire de Vichy Pierre Coulon. « On a eu jusqu’à 1.000 employés avec une activité nationale, se souvient son compagnon de route Louis Corréaud. À Vichy, l’entreprise faisait vivre trois cents personnes. C’était un homme dynamique, qui avait le sens du contact humain. C’était un costaud qui s’est fait tout seul, un autodidacte. Il avait sa façon à lui de travailler… avec un côté bulldozer ».

Alain Bonnetot. Le père d’Alain Bonnetot était mécanicien moto à Vichy, avenue Victoria. C’est avec lui que Guy Ligier a remporté ses premiers succès en motocyclisme. « Entre 1954 et 1960, il le suivait sur les courses et s’occupait des motos. Il a arrêté quand Guy Ligier s’est mis à la F3. Mon père était heureux, il réalisait un rêve de jeunesse ».

Alain a gardé un album de photos où son père, Antoine, pose avec le pilote aux deux titres de champion de France en 500 cm3.

Daniel Rypen. Ce technicien a été embauché chez Ligier en 1972. Il travaillait dans l’atelier de construction de la Ligier JS2, un coupé sportif produit entre 1971 et 1975.

« Guy Ligier était un peu coléreux. Mais le lendemain, c’était fini. Je l’appréciais beaucoup humainement, c’était un battant. Il venait tous les jours à l’atelier. Avec la JS2, j’ai assisté aux 24 heures du Mans en 73 et 74. Nous avions trois voitures engagées, deux motorisées par Ford et une Maserati. Guy Ligier pilotait la seconde ».

Yves Damblet. Durant trente ans, Yves Damblet a travaillé dans le secteur de la Formule 1. De 1980 à 1997 sous les ordres de Guy Ligier puis juqu’en 2000 pour Prost.

« J’étais responsable d’une voiture et de quatre mécanos. Guy Ligier était un grand patron. Il nous respectait énormément et prenait soin de nous. On travaillait jour et nuit. Parfois, on le voyait arriver à 2 heures du matin avec une bouteille et un poulet. Quand vous avez un patron comme ça, vous ne pouvez rien lui refuser. Guy Ligier nous a fait travailler avec les plus grands pilotes. Nous avons même fait rouler Schumacher en secret durant une semaine. Il nous a engueulés plus d’une fois, mais il nous a toujours sortis de la merde. C’était un battant. Je le respectais beaucoup car nous avions la même passion de la mécanique. Après Gérard Ducarouge, décédé il y a quelques mois, c’est un autre grand nom de la Formule 1 qui a disparu ».

 

Source : http://www.lamontagne.fr