Vous êtes ici

La Chaîne des puys inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco

chaine des puys

Il aura fallu plus de onze ans à la candidature de la Chaîne des puys -faille de Limagne pour faire valoir sa valeur exceptionnelle et universelle. Mais la 42e session du comité aura été la bonne : le site puydômois a intégré, ce lundi matin, le cercle prestigieux des biens inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

chaine des puys

La Chaine des puys et l'emblématique puy de Dôme sont entrés aujourd'hui au patrimoine mondial de l'Unesco. Photo Francis Campagnoni ©

Le  "haut lieu tectonique Chaîne des puys - faille de Limagne " est devenu, ce lundi, le premier bien naturel de la France métropolitaine à entrer au patrimoine mondial (1), et le 44e bien Français sur cette liste.

Réuni à Bahreïn pour sa 42e session le comité du patrimoine mondial a salué le travail scientifique mené pour venir à bout des divergences qui avaient amené deux renvois de la candidature, en 2014 et 2016. 

A l'unanimité

La décision est intervenue juste avant midi, à la fin d’une interminable session d’examens qui s'est étalée sur quatre jours, et avait déjà dit non aux autres candidatures portées par la France.

L'examen a été bouclé en moins d'un quart d'heure, sans la moindre objection. Logiquement, l'inscription a été décidée à l'unanimité.

 A l'heure de prendre le dossier de la Chaîne des puys - faille de Limagne, tout dernier de cette 42e session, le comité du patrimoine n'avait  inscrit jusque-là que trois nouveaux biens "naturels"  parmi toutes les candidatures proposées, le site de Fanjingshan en Chine, et les montagnes de Barberton Makhonjwa en Afrique du Sud  (auxquels il faut ajouter l'extension d'un site russe, la vallée de la rivière Bikine).

Invité à prendre la parole sitôt la décision favorable connue pour la Chaîne des puys, Laurent Stefanini, ambassadeur délégué permanent de la France auprès de l’Unesco, a salué "l'exemplarité" de ce dossier, et la valeur du site "qui illustre les plus grands processus tectoniques de la Terre".

Attente et délivrance

Au delà de l'explosion de joie, c'est un soulagement pour la délégation puydômoise, qui avait mis à profit les journées d'attente au Bahreïn pour communiquer le plus largement possible auprès des médias et représentants des états présents sur place. 
La délégation puydômoise qui espérait une décision dans ce sens - mais n'en redoutait pas moins des objections de dernière minute - a finalement accueilli la décision avec plus de soulagement que d'euphorie. 

"C'est une victoire, mais ce n'est pas un aboutissement : c'est un nouveau départ! C'est un projet de territoire que nous avons gagné, mais qui doit être fédérateur d'autres projets", a immédiatement commenté Jean-Yves Gouttebel, président du conseil départemental du Puy-de-Dôme, qui est à l'origine de la candidature.
Dans sa brève allocution devant le comité du patrimoine mondial, il a d'ailleurs pris soin de souligner l'engagement collectif  des partenaires qui ne se sont jamais démobilisés. "Cela a été déterminant. Et plus encore aux moments décisifs!" 

"Victoire collective"

Une analyse largement partagée sur place, notamment par Éric Gold, sénateur du Puy-de-Dôme et conseiller départemental chargé de la candidature. "C'est une sacrée satisfaction pour la performance collective... C'est un moment émouvant. On a du mal à réaliser. Mais je suis surtout ravi de voir qu'une collectivité a pu porter un tel dossier sur cette durée. Qui plus est un projet international qui n'est pas événementiel !" 

Jean-Yves Gouttbel, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, s'est félicité de cette inscription.

comite du patrimoine mondial

Sur place

L'examen du dossier auvergnat était initialement espéré dimanche, en fin d’après-midi. La tension avait un peu augmenté après les réponses décevantes reçues par les deux autres candidatures de la France. L'ensemble urbain historique de Nîmes, s’étant  vu signifier une décision de "différer",  et la candidature franco-belge pour les "sites funéraires et mémoriels de la Grande guerre"  ayant été repoussée à 2021. Mais la délégation a su attendre "sereinement" son tour.

Mais la messe était enfin dite avec la présentation de l'Union internationale pour la nature (UICN). L'organisme a salué le travail mené par les porteurs de la candidature pour faire évoluer l'avis des experts depuis le premier renvoi. Son porte-parole a souligné le "processus de dialogue" qui a abouti à une "identification des faiblesses" et à un travail efficace sur les conseils apportés ; notamment avec l'exclusion du périmètre de deux carrières en activité et l'abandon du critère de paysage exceptionnel.

La valeur universelle étant exprimée de manière "plus simple et plus compréhensible" le dossier a convaincu. "Onze ans de travail qui se négocient en quelques minutes, c'est presque frustrant" plaisantait d'ailleurs Eric Gold.

La délégation se prépare désormais à rentrer rapidement : retour en avion prévu tôt mardi matin à Paris, avant de prendre la route de Clermont-Ferrand.  Un premier rendez-vous festif est donné vendredi aux partenaires, avant un programme destiné à fêter plus largement l'événement dans les jours qui viennent.

RN (1) Trois autres biens naturels sont inscrits: le golfe de Porto, calanche de Piana, golfe de Girolata, réserve de Scandola; les lagons de Nouvelle-Calédonie; les pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion

Flash back. 2007. Lancement de la réflexion pour l’inscription du site au patrimoine mondial de l’Unesco par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme. 2013.?L’État retient la candidature de la Chaîne des puys - faille de Limagne pour représenter la France devant le comité du patrimoine mondial. 2014. Décision de renvoi à Doha (Quatar). 2016. L’UICN rend une nouvelle recommandation de non-inscription. L’État français promet de mettre « tout le poids de la France ». Mais nouvelle décision de renvoi du 40e Comité du patrimoine mondial réuni à Istanbul (Turquie).

Source : www.lamontagne.fr

 

Proposer un sujet ou soumettre vos communiqués de presse :

communication@vichy-economie.com