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VICHY DANS LA COURSE AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO

Les onze maires ou représentants des Grandes villes d'eau d'Europe (Great spas of Europe) étaient lundi à Vichy pour une réunion publique au cours de laquelle le projet a été présenté.

vichy candidate au patrimoine de l'unesco

Les représentants des villes candidates, devant le hall des Sources à Vichy

Depuis qu'elles ont décidé de porter, ensemble, un dossier de candidature à un classement au patrimoine mondial de l'Unesco, elles se sont bien sûr rassemblées. Mais hier, pour la première fois, les maires ou leurs représentants des onze « Grandes villes thermales européennes » ont organisé une réunion publique pour présenter leur projet. L'occasion de répondre aux questions que vous vous posez.

1. Comment est partie l'idée d'un classement transnational ?

D'après Dominique Jarassé, expert pour la ville de Vichy, l'idée remonte aux années 1980 ! Mais c'est au cours de la dernière décennie que les choses se sont précisées. En République tchèque, les trois villes du Triangle de Bohème ont voulu un classement. A l'Unesco, on les a en quelque sorte poliment invitées à prendre contact avec les villes européennes ayant les mêmes caractéristiquesæ Mais l'idée ne vient pas que de Bohème. « A Spa, c'est une initiative citoyenne qui est à l'origine d'une démarche de classement, qui remonte à 2006 », indique Sophie Delettre, adjointe au maire de la cité wallonne. « C'est ensuite que nous sommes tournés vers les Tchèques, Vichy, Bath puis les autres. »

2. Qu'ont vraiment en commun ces villes ?

En un mot, « toutes sont profondément cosmopolites », assure l'expert français Dominique Jarassé, qui s'est livré à une présentation de chacune des villes, hier soir. Pas une qui n'ait un casino, des parcs, des établissements thermaux et des promenades. Et elles ont toutes connu un âge d'or à partir de la fin du XIX e siècle. Aujourd'hui encore, elles en ont commun, « leur douceur, au rythme de leurs eaux qui coulent », a résumé Claude Eugène Bouvier, du Conseil national des établissements thermaux (CNETh). « Les hôtels et les maisons pittoresques, les parcs, les sources, les galeries dans les parcs, l'opéra, le casino » : à Vichy, Margret Mergen, maire de Baden-Baden, avoue ne pas être dépaysée.

3. Quel est le calendrier ?

D'après le représentant de l'État (Drac) présent hier soir, un verdict est espéré à l'été 2019. Le dossier devrait être déposé en janvier 2018 à l'Unesco. Les visites de vérification dans chaque ville auraient lieu à l'automne suivant pour un classement qui pourrait donc intervenir au cours de l'été 2019.

4. Quelles retombées espérer ?

La notoriété qui en découlerait permettrait bien sûr une hausse des fréquentations touristiques. Un enjeu de taille, quand on sait que certains pays, comme la Belgique et le Royaume-Uni (la Tchéquie y a finalement renoncé) ont déjà cessé de rembourser les cures. Spa a depuis des années clairement orienté ses efforts vers le bien-être et le thermoludisme. D'où l'intérêt de rayonner au niveau européen.

5. En cas de succès, Vichy sera-t-elle mise "sous cloche" ?

Non, a assuré Dominique Jarassé, car même après le classement, « ce sont les législations de protection de chaque pays qui s'appliquent ». Dans le dossier de candidature, le centre-ville de Vichy est séparé en deux parties : la zone dite de « bien », qui sera réellement classée et la zone « tampon ». La première est très resserrée autour du quartier de l'opéra, des parcs, du hall des Sources, de la rue Wilson, du vieux Vichy, de Lardy et s'arrête juste après les rues Clemenceau et Foch. La zone « tampon » s'étire, elle, jusqu'à la gare et l'hôpital, les quartiers Jeanne-d'Arc et de France. Explications de Dominique Jarassé : « la gare ou l'hôtel de ville sont des éléments de composition urbaine, mais pas des bâtiments remarquables. »

Source : lamontagne.fr / photo Dominique Parat

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