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Vichy va accueillir la première école de psychomotricité de l'ex-région Auvergne

L’Institut supérieur de rééducation psychomotrice (ISRP) de Paris ouvrira une antenne à Vichy, dès septembre. Les étudiants y seront formés à une discipline au champ d’action très vaste, de la petite enfance aux seniors.

psychomotricite

Pourquoi à Vichy ?

Le plan Alzheimer 2008-2012 établit la nécessite de former des psychomotriciens et ergothérapeutes. À cette époque, Claude Malhuret, alors maire de Vichy, souhaite prendre la balle au bond. « C’est vraiment son initiative, se souvient Gérard Hermand, directeur général de l’Institut supérieur de rééducation psychomotrice (ISRP) de Paris, dont dépendra l’institut vichyssois. Il avait la volonté de développer autre chose que la filière kiné. Il a pris contact avec nous. »
La procédure suit son cours. Reste à obtenir les autorisations nécessaires pour entériner cette création. Notamment de la Région. « Les orientations politiques de l’exécutif d’alors étant différentes de celle de Claude Malhuret, nous avons attendu des jours meilleurs », sourit Gérard Hermand.
Les derniers doutes sont levés depuis quelques jours, avec le tampon du Conseil régional, mais aussi de l’Agence régionale de santé et de la Direction générale de l’offre de soins, dépendant du ministère de la Santé.

Motif de satisfaction. « Je me réjouis, car je suis dans la profession depuis 50 ans, et je me bats pour son développement. Au centre de la France, il n’y avait rien. Et Vichy est la ville la plus centrale de France. »

Les promotions

« L’école de Vichy accueillera soixante étudiants par an », détaille Patrick Masset, directeur délégué et pédagogique du futur site.

Quand et où ?

La rentrée est prévue dès septembre prochain, dans les anciens locaux de l’urbanisme municipal, rue Foch. Ensuite, la Ville envisage, à moyen terme, de construire un nouveau bâtiment à côté de l’école de kiné, sur le site des Docks de Blois.

L'enseignement

L’antenne vichyssoise de l’ISRP sera conventionnée avec l’université d’Auvergne, et accueillera des enseignants locaux, nationaux, et internationaux. Elle sera également en relation avec l’hôpital de la cité thermale. Par ailleurs, « l’institut de Vichy aura une particularité locale, promet Patrick Masset, notamment en rapport avec le sport, le thermalisme, la santé et la beauté. » Les concours auront lieu en mai.

Combien d’écoles de psychomotricité en France ?

 « Il en existe treize », selon Gérard Hermand. Deux « historiques » à Paris, l’ISRP et la Pitié-Salpétrière, et puis Lyon, Toulouse, Lille, Bordeaux, Mulhouse, Orléans, Alençon, Caen et trois en région PACA. « Il y a, à la fois, peu d’écoles et beaucoup. Des grosses structures, comme la Pitié et l’ISRP regroupent à elles seules un tiers des personnes formées en France. »

Le champ d'application

La discipline joue la transversalité. « Dans la toute petite enfance, elle s’occupe des troubles neuro-développementaux, quand il n’y a pas suffisamment de stimulation corporelle ou de “peau à peau”, fondamental pour le développement. »
« Ensuite, il y a évidemment les personnes souffrant d’Alzheimer, qui perdent la notion d’espace. » Pas les mêmes causes, mais les mêmes types de pathologie que celles des enfants.

Mais la psychomotricité peut également concerner la néonatalité, la maternité, la pédopsychiatrie. « Quand une femme ne supporte plus son corps, par exemple en cas de dépression post-partum. »

Enfin, la discipline trouve aussi son utilité dans les cas d’addictions, d’anorexie, de boulimie, pour les adolescents en difficulté, pour tout le secteur du handicap, l’autisme, pour les relations de couple, ou encore le burn-out professionnel.
Globalement, « le champ est extrêmement large, car le corps et le cerveau sont intimement liés, insiste Gérard Hermand. Dans notre monde cartésien, on veut tout séparer, mais ce n’est pas comme ça que ça marche. On est tous des êtres psychomoteurs ! Ce sont des “maladies de civilisation”. D’ailleurs, dans quelques années, on se posera des questions sur le rapport enfant/écran. »

Les origines. « La psychomotricité a été créée en France après guerre, il y a 70 ans, par Gisèle Bonvalot-Soubiran, qui travaillait à l’hôpital Henri-Rouselle, raconte Gerard Hermand. Elle a constaté que certains enfants intelligents n’arrivaient pas à apprendre. Ces enfants dont on dit “Ils pourraient mieux faire s’ils le voulaient.” Sauf qu’ils n’ont pas de reconnaissance spatiale ou de temps. Ils ne savent pas distinguer l’avant/l’arrière, la gauche/la droite, le haut/le bas. Nous, on écrit de gauche à droite, et de haut en bas, ça paraît évident, mais c’est infaisable pour eux. Aujourd’hui, on parle de dyscalculie, dyspraxie, dyslexie… Petit à petit, avec un bon bilan psychomoteur, on peut encourager l’enfant, sans focaliser sur ses troubles. Ça n’a pas de sens de dire qu’un enfant ne veut pas réussir. Il a tout intérêt à apprendre. Sinon, c’est qu’il ne peut pas. »

Source : www.lamontagne.fr

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