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La recherche partenariale et le transfert de technologies favorisent l'innovation

De nombreux ponts existent pour faire travailler ensemble organismes de recherche publics et entreprises privées, favoriser le transfert de technologies et accélérer l'innovation.

jc sergere - setubio
 

Chez Setubio, plutôt que de faire appel à des doctorants issus de laboratoires académiques, nous les formons dans l'entreprise », assure Jean-Christophe Sergère, aux manettes de sa société de biotechnologie située dans l'Allier. Pour cela, Setubio a recours aux conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre). « Nous en avons une en cours avec l'université de Lorraine, développe le dirigeant, par ailleurs chargé de l'innovation à la CPME. Ce dispositif permet de former des chercheurs ayant une double compétence académique et privée. »

Mis en place en 1981, le dispositif Cifre subventionne toute entreprise embauchant un doctorant, dans le cadre d'une collaboration avec un laboratoire public. « En 2016, nous avons reçu 1.620 demandes de convention, déposées par des entreprises, et en avons accepté 1.377 », précise Pascal Giat, chef du service Cifre à l'Association nationale de la recherche et de la technologie (Anrt). Entre 2000 et 2016, le nombre de Cifre allouées a doublé. Et près de 600 d'entre elles ont été obtenues par des grands groupes. « Environ 500 dossiers ont été déposés par des PME », complète Pascal Giat.

Pour la recherche partenariale, Jean-Christophe Sergère reconnaît que la France n'est pas en reste quant aux différents outils. « Grâce à des dispositifs comme le Cifre, les laboratoires communs ou encore le crédit impôt recherche [CIR], l'environnement fiscal est favorable à l'innovation. Les pouvoirs publics doivent le sanctuariser », poursuit le dirigeant, regrettant néanmoins une « distorsion » entre recherche publique et recherche privée. « La première est plus favorisée en termes d'avantage fiscal pour le donneur d'ordre. »

Des collaborations avec des universités

Une analyse recoupant celle de Christian Clerc, directeur scientifique de Vibratec, une société de recherche sous contrat (SCR). Son rôle : effectuer de la R&D pour le compte d'entreprises. Sa société, spécialisée dans le développement d'équipements acoustiques et la production d'études, a établi des partenariats avec deux facultés lyonnaises. « Nous souhaiterions une harmonisation du CIR avec les établissements de recherche publics, bénéficiant d'un taux plus avantageux », dit ce patron, qui consacre 80 % de son activité à la recherche.

A Paris, l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) travaille elle aussi avec certaines SRC. De même que certains de ses doctorants sont intégrés en entreprise dans le cadre du dispositif Cifre. « Nos chercheurs sont très heureux de travailler avec les entreprises, que ce soit en participant avec elles à des projets ou en leur transférant des technologies. Cela optimise leurs chances de voir leurs inventions développées à un niveau industriel », commente Laurent Buisson, vice-président développement et partenariats économiques à l'UPMC. Au cours de deux dernières années, 22 licences d'exploitation émanant d'innovations élaborées par des chercheurs de l'université ont été signées avec des entreprises. « En 2016, nous avons déposé des demandes de brevet ou des logiciels pour 130 résultats de recherche », se félicite-t-il.

Pour favoriser l'exploitation industrielle des innovations issues de ses rangs, l'UPMC a même créé une société d'accélération du transfert de technologies (SATT). L'Hexagone en compte quatorze, réparties sur tout le territoire. Créées en 2012 dans le cadre du plan d'investissements d'avenir, les SATT ont pour mission de simplifier et de professionnaliser la transformation des inventions issues de la recherche publique française. Parmi leurs actionnaires, le CNRS, l'Inserm, les universités et autres organismes publics tels les CHU. « Notre rôle est de célébrer l'union entre la recherche publique et l'industriel », détaille le président du réseau SATT, Laurent Baly. En clair, les SATT assurent la maturation technologique des inventions pour les transformer en innovations, les accompagner jusqu'à leur commercialisation et s'occupent du dépôt de titres de propriété intellectuelle, incluant les brevets.

Une mission loin d'être anodine : « A l'heure actuelle, pour protéger un projet en Europe, il faut déposer des brevets dans chacun des pays, pointe Jean-Christophe Sergère. Pour breveter sur une vingtaine d'années, l'addition peut vite monter dans les 450.000 euros. Beaucoup de TPE-PME ne peuvent pas se le permettre », déplore-t-il, soulignant qu' « une propriété industrielle "protégée" donne de la valeur à l'entreprise en plus de lui permettre d'avancer plus sereinement, en se préoccupant moins des développements en cours chez ses concurrents ».


Source : www.lesechos.fr

L'entreprise Setubio est implanté sur le Naturopôle de Saint-Bonnet-de-Rochefort, qui fait partie du réseau des biosites d'Auvergne : Arbios