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Commerce centre-ville Vichy

Né pour accompagner l’essor du thermalisme à la fin du XIXème siècle, le commerce vichyssois s’est rapidement émancipé pour devenir l’un des marqueurs forts de l’identité de la ville. Vecteur d’animation et de développement économique, il est aussi soumis à une rude concurrence qui l’oblige sans cesse à se réinventer.

Une ambition portée par les commerçants avec le soutien de la Ville et de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

commerces vichy

Vichy, ses sources, ses parcs, son Opéra et… ses commerces ! Plus qu’une tradition locale, ces derniers constituent une véritable image de marque qui participe pleinement à la promotion de la ville.

Il suffit de se promener rue Clemenceau un dimanche après-midi pour observer le phénomène : magasins ouverts, trottoirs bondés et rues embouteillées par des véhicules venus parfois de Saint-Étienne ou de Lyon. Ici, le débat sur l’ouverture des commerces le dimanche est déjà tranché par la grâce du statut de station classée tourisme dont bénéficie Vichy. Une situation privilégiée liée au développement du thermalisme qui au début du siècle dernier draina de nombreux curistes dans la «reine des villes d’eau». Des visiteurs souvent fortunés, soucieux d’allier l’utile à l’agréable et d’adjoindre aux soins du corps des distractions culturelles (l’Opéra) ou plus matérialistes au Casino, à l’hippodrome ou dans des boutiques prestigieuses (Barclay ou Vuitton) et des galeries marchandes comme les «Nouvelles Galeries», ouvertes en 1921 (à l’emplacement de l’actuel «Monoprix»).

Une fois lancé, le mouvement ne devait plus s’arrêter même si, au gré des circonstances -et notamment la crise du thermalisme qui frappa durement Vichy au tournant des années 60- la dynamique commerçante allait alterner hauts et bas.

Plan de revitalisation

À l’orée des années 90, le vieillissement du cadre urbain conjugué à la montée en puissance des zones commerciales périphériques pousse la Ville à engager un plan de rénovation ambitieux destiné à rendre au cœur de Vichy son attractivité.

De grands travaux sont lancés, à l’image de la création du cœur piéton, avec la transformation de la rue Clemenceau et de ses rues adjacentes qui toutes ont fait l’objet d’une attention esthétique particulière, avec l’utilisation de matériaux de qualité : pierre de Rocheret, cabochons en lave émaillée bleue, frises en marbre.

En parallèle, la construction d’un parking souterrain, la refonte de la politique de stationnement ou la création du centre commercial des Quatre-Chemins, en lieu et place de la friche de l’ancien hôpital militaire, enclenchent un nouveau dynamisme commercial.

L’arrivée d’enseignes nationales et d’un cinéma doté de 7 salles y contribue pleinement.

Nouveau défi

Pourtant, malgré ces efforts soutenus, la vacance commerciale n’a pas totalement disparu du centre-ville et, à cet égard, Vichy ne diffère pas des autres villes moyennes. C’est en tous les cas le constat dressé par Procos, la fédération représentative du commerce spécialisé, qui chiffre le taux de vacance commerciale moyen des villes comparables à environ 11%. Une analyse générale qu’il convient cependant d’affiner en tenant compte des spécificités locales, et que tempère Jean-Jacques Rouy, Président de Vichy Commerce :

«Il ne faut pas nier la réalité de ce phénomène mais la vacance commerciale à Vichy ne touche pas les artères commerçantes principales du centre-ville, seulement les rues un peu plus éloignées et forcément moins passantes».

Un constat malgré tout mitigé que partage Guylaine Bardet, propriétaire du Sofilia installé depuis 1987 rue Roosevelt pour qui «l’ouverture des commerces de centre-ville le dimanche reste un atout fort de Vichy. En semaine, en revanche, c’est plus difficile».

Les raisons de cette vacance persistante sont connues. Pour Thierry Miard, Vice-Président en charge du commerce à la CCI, elles tiennent pour partie à la migration des services publics et des habitants du centre vers l’extérieur de la ville. Mais d’autres facteurs sont à prendre en compte, la concurrence des zones commerciales périphériques notamment ou les changements d’habitudes des consommateurs, de plus en plus adeptes des achats sur Internet.

Un avenir à inventer

Pour autant, la vacance commerciale n’est pas une fatalité. Malgré le contexte difficile, de nouveaux commerces continuent d’ailleurs d’investir le centre-ville à l’image du «Cocoon Coffee» installé rue Lyautey, de l’agence immobilière Stéphane Plaza, ou du magasin de décoration, «Du passé au présent», rue Foch. Deux maisons vichyssoises bien connues, Moinet et Decoret s’apprêtent à ouvrir simultanément des boutiques de glaces, manière pour Jacques Decoret d’intégrer pleinement le cœur commerçant. Après le quartier de la gare, Stéphane Vivier a lui choisi de s’implanter rue Sornin. Son «Comptoir du Croque» répond à une vraie demande :

«Ici, j’offre en cœur de ville, aux salariés des banques par exemple, qui ont peu de temps pour déjeuner, une restauration rapide à deux pas de leurs bureaux. Nous devons répondre aux souhaits de la clientèle pour la conserver et la développer».

Une analyse partagée par Jean-Jacques Rouy qui, fort de son expérience, considère que «pour être efficaces, nous devons apprendre à mieux connaître les habitudes de consommations de notre clientèle»

N’est-ce pas justement ce que cherche à faire avec succès Foudil Meddahi qui a créé en 2002 «Hypnotik» spécialisé dans le «street» et le «sportswear» avec une très large gamme de sneakers branchées et collector ? Au 4 de la rue de Paris, il propose en effet à la fois un «concept store ultra connecté» et une boutique en ligne. L’illustration parfaite du pas de porte connecté avec, pour credo, ce qui fait la réputation d’un commerce «le service de qualité».

"Mais la bonne santé du commerce dépend aussi de paramètres sur lesquels nous n’avons pas prise comme le pouvoir d’achat des ménages, la météo ou l’ambiance générale du pays" souligne Guylaine Bardet.

L’arrivée dans un futur proche de nouvelles «locomotives» dans l’ex-Banque de France ou à l’Élysée Palace «devrait contribuer à donner un nouveau souffle au cœur de ville» selon Jean-Jacques Rouy. «Mais attention à préserver le commerce indépendant qui fait la réputation de Vichy» ajoute Foudil Meddahi.

Trois questions à Thierry Miard, Vice-Président en charge du commerce, du tourisme et de la communication à la CCI de l’Allier

Quel constat faites-vous de la situation du commerce de centre-ville dans l’Allier ?

Le même constat qu’à l’échelle nationale, à savoir un fort taux de vacance des locaux commerciaux, en particulier dans les villes moyennes. Le phénomène n’est évidemment pas neutre dans l’Allier puisque nos trois plus grandes villes sont des villes moyennes (Vichy, Moulins, Montluçon). C’est donc une question dont il faut s’emparer de manière prioritaire et c’est pourquoi la CCI fait de la revitalisation des commerces de centre-ville un axe fort du mandat qui commence, en liaison naturellement avec les orientations que déterminera la CCI Auvergne - Rhône Alpes.

Selon vous, quelles sont les raisons de cette vacance ?

Les raisons sont nombreuses et beaucoup d’explications sont valables. Le développement des zones périurbaines bien sûr, mais aussi le départ des populations qui quittent les centres des villes moyennes pour aller habiter à l’extérieur. Autre explication, le départ de beaucoup de services, aussi bien médicaux qu’administratifs, qui s’installent en périphérie pour des raisons d’économies mais aussi de facilités d’accès et de stationnement. Or, la diminution du flux de population dans les rues d’une ville impacte forcément le commerce. Je serais plus mitigé en revanche sur la responsabilité d’Internet comme le prouve à Vichy la réussite de certains commerçants qui ont développé boutique en centre-ville et vente sur internet.

Quelles solutions vous paraissent en mesure de contribuer à la redynamisation du commerce de centre-ville ?

Ce problème est tellement vaste que nous devons concevoir une politique globale et collective. La première chose à faire c’est de mettre autour de la table tous les acteurs concernés, commerçants, associations de commerçants, collectivités, CCI, pour chercher ensemble des réponses efficaces et adaptées. Réfléchir par exemple à la question du foncier, alerter les propriétaires-bailleurs sur la nécessité de réduire le montant parfois excessif des loyers qu’ils imposent aux commerçants et qui peuvent être rédhibitoires. Il nous faudra aussi mieux adapter l’environnement commercial aux contraintes de la vie moderne (horaires d’ouverture, déploiement du wifi gratuit, etc.).

Source : www.ville-vichy.fr