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Le four de Vicat joue le recycleur

Le groupe Vicat possède cinq cimenteries en France dont une usine à Créchy. Construite en 1968, elle fabrique chaque année 500.000 tonnes de ciments dont 70 % partent vers les centrales à béton.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La fermeture de la centrale électrique Lucy III de Montceau-les-Mines a mis sur le marché 75.000 tonnes de charbon que la cimenterie Vicat de Créchy a achetées.

Cette cimenterie, l'une des cinq du groupe Vicat sur le territoire, est la plus proche de Montceau. C'est pourquoi elle récupère ce charbon utilisé comme combustible avec d'autres éléments.

Tout est question de proximité dans le domaine du ciment. L'usine de Créchy est à côté de la carrière où sont extraits l'argile et le calcaire nécessaire. 13 personnes travaillent dans ce lieu d'extraction pour alimenter un tapis roulant qui traverse la RN 209 pour rejoindre le hall de stockage de matières premières.

Dans l'usine, 67 personnes travaillent en 3x8 autour de machines énormes. Depuis la route nationale, on n'aperçoit pas grand-chose. On distingue les silos de stockage du ciment d'une capacité de 12.000 tonnes. 70 % de ce ciment part en vrac, dans des camions, pour rejoindre les centrales à béton du groupe. La encore, il est question de proximité car les toupies à béton ne font pas des centaines de kilomètres pour livrer.

On aperçoit aussi le préchauffeur à quatre étages au pied duquel se trouve le four, élément clé du dispositif. Ce four mesure 75 m de long et 4,4 m de diamètre. Ce long tube brûlant qui tourne sur lui-même est incliné de quelques degrés. Coté préchauffeur, on introduit le calcaire et l'argile finement broyé. Ce mélange, appelé farine, va avancer dans le four grâce au mouvement de rotation de celui-ci. À l'autre bout du four, il y a un brûleur avec une flamme à 2.000 °C. La farine se transforme en petites boules de roche fondue, similaire à de la lave refroidie, que l'on appelle clinker.

Ce clinker est ensuite broyé et mélangé avec du gypse. « Le ciment est un produit naturel, explique Christophe Heulin, directeur de l'usine de Créchy. C'est un produit ancien créé par Louis Vicat en 1817. En plus, cette industrie permet de valoriser des déchets comme les pneus. Les cendres de ces combustibles de substitution apportent des constituants au ciment. »

Au final, il y a très peu de déchets en sortie d'usine pour produire du ciment, contrairement à beaucoup d'autres industries. Il y a bien une cheminée, discrète au milieu des bâtiments. Mais elle ne crache plus de poussière qui blanchit les toits comme autrefois. Des filtres à manches assurent un nettoyage des fumées.

Depuis 2008, le niveau de production est plutôt bas, l'activité de cimentier étant liée à celle du bâtiment.

 

Source : lamontagne.fr