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Auvergne : Le pari de l'intelligence en pleine nature

Les volcans ne sont pas le seul atout de la région. Son pari sur les biotechnologies est un axe clé de sa stratégie économique.

A quoi reconnaît-on un parc technologique en Auvergne ? Il est souvent implanté en pleine nature. Le site du Biopôle Clermont-Limagne, né en 1994 aux portes de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), offre à ses start-up et à ses ingénieurs une vue imprenable sur la chaîne des Puys. Il met surtout à la disposition de ses entreprises tout le confort pour s’implanter et se développer. Sur un espace de 70 hectares, le site accueille une quarantaine de PME spécialisées dans les sciences du vivant. Bâtiments ultramodernes, crèche, restaurant d’entreprises… Cette mini-ville pèse plus de 1 000 salariés à haute valeur ajoutée.

Au fil des années, deux autres sites de la région clermontoise ont rejoint le biopôle. Le premier, à Clermont-Ferrand, s’est tourné vers la biotechnologie végétale et héberge 35 entreprises. Le second, situé à Riom sur 4 hectares de verdure, à quelques kilomètres seulement du parc, est un ancien site industriel chimique. D’une surface de 12 000 mètres carrés, dont 7 000 de laboratoires, il s’est spécialisé dans le développement clinique.

Un vrai potentiel d’emploi

Au total, près de 1 400 salariés sont rattachés au Biopôle Clermont-Limagne, avec des têtes d’affiche comme ANS Biotech, Cyclopharma, Greentech et Jacquet Panification. "Nous avons opté pour une spécialisation dans l’innovation stratégique liée à la santé et au confort de vie, ainsi qu’à l’agroalimentaire et à la chimie verte", commente son directeur Hervé Prévoteau. Le biopôle est géré par un syndicat mixte regroupant la communauté de communes Limagne d’Ennezat, Clermont Communaute, Riom Communauté et la chambre de commerce et d’industrie du Puy-de-Dôme.

Non loin du Biopôle Clermont-Limagne se sont développées en parallèle deux autres plates-formes dans la région de Vichy (Allier). Le naturopôle Nutrition Santé, implanté à Saint-Bonnet-de-Rochefort, accueille aujourd’hui 230 salariés. Quant au Bioparc de Vichy, né en 1996, spécialisé dans les domaines santé, beauté et forme, il héberge désormais 13 PME et 160 salariés.

Mais le potentiel d’emploi et de développement ne devrait pas s’arrêter là. Un projet de construction d’une seule entité regroupant les trois sites est actuellement à l’étude et devrait voir le jour en 2016. "On ne peut plus rester seuls dans notre coin. En s’alliant, on ne peut que générer de la valeur ajoutée et de la visibilité. Aujourd’hui, les entrepreneurs ne cherchent pas seulement des terrains, mais des écosystèmes", analyse Bruno Pinard-Legry, le directeur de Vichy Val d’Allier Développement. Un avis partagé par Hervé Prévoteau : "La fusion de l’Auvergne avec Rhône-Alpes nous pousse à créer un partenariat entre nous. Cela nous rendrait encore plus visibles et plus identifiables dans le domaine des biotechnologies."

Preuve que la Région se veut le vivier national de la filière, elle vient de lancer un appel à projet inédit en France, baptisé New deal biotech. Le but est d’accueillir dix créateurs de start-up dans les sciences du vivant. L’Agence régionale de développement des territoires d’Auvergne (ARDTA) offre à dix entrepreneurs salaire, logement et laboratoire pendant un an. "En Auvergne, le secteur des biotechnologies connaît un essor formidable, assure René Souchon, le président du conseil régional. C’est un axe clé de la stratégie régionale de spécialisation intelligente qui se développe actuellement à l’échelle européenne." En Auvergne, la filière santé – biotech pèse désormais quelque 4 000 emplois.

 

Source : usinenouvelle.com