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Ligier va présenter son véhicule autonome au Salon de l'Auto

Ligier entre dans une nouvelle dimension. Avec le projet Easy Mile, il n’est plus seulement question de produire une voiture : nous voilà devant un véhicule de transport sans chauffeur, automatisé et électrique. « Pour nous, c’est un nouveau métier », lâche François Ligier, à la veille de présenter l’E Z 10 (prononcer « izi ten ») jeudi au Salon de l’automobile.

Développé avec l’Institut Pascal de Clermont-Ferrand, le minibus E Z 10 est une réussite 100 % auvergnate, qui s’est concrétisée chez le constructeur, à Abrest, près de Vichy.

Chez Michelin et à Lausanne

« Le projet a été lancé en 2007, avec un premier prototype nommé VIPA, explique le PDG de Ligier Group. Les essais ont montré qu’il y avait du potentiel pour aller plus loin et arriver à la version définitive. » Six premiers modèles vont équiper le nouveau centre de recherches Michelin et cinq autres vont rouler sur le campus de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse.

Les ingénieurs de l'Institut Pascal, à Clermont-Ferrand ont mis au point le guidage du véhicule, assuré par deux caméras : elles filment le parcours lors d’un premier trajet, avec chauffeur. Ensuite, c’est à l’ordinateur de jouer : il compare en temps réel les images du trajet programmé avec celles qui ont été mémorisées.

« Aujourd’hui nous sommes les seuls à faire ça, même si la mobilité sans chauffeur intéresse tous les constructeurs, commente François Ligier. Mais souvent pour des solutions d’assistance aux véhicules classiques. La meilleure analogie est d’imaginer un ascenseur horizontal sur la chaussée, qui avancerait sur un rail virtuel. »

Ambitions internationales

Pour le moment, il n’est pas question de voir E Z 10 rouler dans un flot de circulation. Le Code de la route n’a pas vraiment prévu cette possibilité, même si une évolution législative serait dans les tuyaux. Capable d’évoluer seul ou en flotte, E Z 10 est principalement destiné à des lieux clos : des hôpitaux, des campus universitaires, des grands sites industriels, des parcs d’attraction, des aéroports. Ligier envisage même la possibilité d’une utilisation en centre-ville, « pour des trajets courts à l’échelle d’un quartier ».

Sur ce marché, Ligier a pris de l’avance sur la concurrence commerciale. L’autre exemple de véhicule autonome est à chercher aux États-Unis, chez le géant Google. D’ailleurs, la Ligier a déjà trouvé un surnom : « La Google Car de l’industrie ».

 

Source et photo : lamontagne.fr