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Pas de vacances à l’usine Valmont

On ne chôme pas au mois d’août à Charmeil, dans l’usine Valmont, fabricant de mobilier urbain. Les ouvriers ont trois semaines pour effectuer toute la maintenance avant la reprise de la production sur le site.

Les hangars ont l’odeur acre et acide de la peinture fraîche. Deux ouvriers, masques respiratoires sur le visage, étalent au rouleau l’enduit jaune qui balise le sol de l’usine.

À Charmeil, sur le site de Valmont, premier fabricant français de mobilier urbain, les vacances ne sont pas des vacances pour tous. Pendant les trois semaines où les machines ne fabriquent pas de lampadaires, il faut effectuer tous les travaux de maintenance. Les pièces changées paraissent minimes : une cale, un taquet, une chaîne. Mais elles sont essentielles au bon déroulement de la production le reste de l’année.

« Nous devons remettre à niveau tout le parc des machines »

Laurent Loudan est le responsable des opérations. Le planning, chargé, s’étale sur l’armoire de son bureau. « Nous devons remettre à niveau tout le parc des machines » explique-t-il.

Pendant l’année, ces machines font les trois-huit. Elles ne sont au repos que trois semaines, au mois d’août. Durant ce laps de temps, les équipes de Laurent doivent effectuer toute la maintenance. Certaines remises en état sont habituelles : des pièces usées par une année de production intensive à remplacer, ou des cuves à nettoyer. On procède également à des vérifications de routine, comme contrôler la tension d’une chaîne ou l’encrassement d’un filtre.

Mais à cela s’ajoutent des opérations exceptionnelles. « Même si cette année nous n’avons pas de nouveaux appareils, nous procédons à des changements importants ». Une des plus grandes transformations concerne la presse, qui plie des tôles d’acier de 14 mètres de long. Son tableau de commande, qui datait de 1994, passe au numérique. Exit l’écran façon Minitel ! « On y gagne en précision et en qualité » commente Laurent, en grand professionnel.

Une maintenance exclusivement en interne

Pour des travaux de ce genre, on ne plaisante pas avec la sécurité. Gants, harnais, masques et chaussures de protection sont de rigueur pour tous. Laurent est intraitable à ce sujet. Il faut dire que les machines sont hautes, et les outils lourds ou coupants. Les substances utilisées ne sont pas anodines non plus. Un panneau jaune au mur indique en lettres noires « Acide phosphorique » et « Acide fluorhydrique ». Car avant de peindre les 12 mètres d’acier des futurs lampadaires, il faut les dégraisser. Les cuves contenant ces produits seront traitées à part, par une société spécialisée.

Cette année, la maintenance représente un coût total de 150.000 €. C’est le prix normal d’une telle opération explique Laurent. À Valmont, l’essentiel de la maintenance se fait en interne, car ces machines sont uniques en leur genre.

 

Source : lamontagne.fr