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Un tiers des exploitations de l'Allier présente un risque financier "moyen" ou "élevé"

Les chiffres comptables 2016 de l’agriculture bourbonnaise sont contradictoires : les résultats nets sont stables, parfois même en très légère augmentation, mais les retards de paiements sont nombreux.
 
agriculture Allier

Cer France, experts-comptables conseillant 2.200 exploitations agricoles de l'Allier, vient de publier son bilan 2016, Fermoscopie.

« Tous secteurs confondus, les marges brutes ont tendance à baisser mais des mesures conjoncturelles ont été mises en place qui viennent masquer cette baisse », David Maljevac, responsable Conseil Marché Agricole.

Indemnités sécheresse, baisse du taux de prélèvement de la MSA, fonds d'allégement des charges, indemnité compensatoire de handicap naturel, ont permis de conserver un revenu décent, et même en légère hausse.

Le salaire moyen annuel des agriculteurs bourbonnais se situe très légèrement au-dessus du Smic à 13.000 €.

Toutefois, le taux d'endettement moyen atteint 50 % du capital des exploitations et un tiers des exploitations sont dans une situation financière présentant un risque "moyen" ou "élevé".

En 2006, l'endettement moyen d'une exploitation s'élevait à 23.700 € et en 2016, il atteint 35.570 €.

Chez les céréaliers, on assiste à un retournement de situation. Ce segment encore florissant à l'aube des années 2010 accuse le coup. Deux années de suite avec des rendements mauvais et des cours en baisse ont plongé 40 % des exploitations en risque financier "élevé".

« Ceux qui s'en sortent bénéficient d'un système d'irrigation ou font de la culture spécialisée, comme la betterave », analyse David Maljevac qui se dit aussi « très inquiet » pour la polyculture-élevage qui doit faire face à la regression de la marge culture et à la baisse des prix des animaux. « L'année 2016 s'annonce comme une des plus faibles en terme de rentabilité ».

Les éleveurs optimisent leurs achats et la diminution des charges opérationnelles se confirme, notamment quant au poste aliment qui continue de baisser de 5 % par an depuis 2012. Par ailleurs, on assiste à la création de nouvelles prairies à base de légumineuses.

Autre signe des temps : l'apparition de nouvelles marques de matériel comme les japonais Kubota, Iséki, ou le tractoriste polonais Farmtrac.

« Dans un contexte d'instabilité, la maîtrise des charges globales demeure la piste à privilégier », insiste David Maljevac.

Plusieurs pistes de réflexion doivent être abordées : le triage des animaux selon leur potentiel, la diversification des débouchés, la recherche de l'autonomie fourragère.

Pour faire connaître les stratégies gagnantes et les adapter aux situations de chacun, Cer France organise des réunions publiques du 30 janvier au 6 février. Entrée libre.

Réunions publiques :
Lapalisse.
Lundi 30 janvier, de 10 heures à midi, salle de l’abattoir, Tradival, route de Dompierre. Thème : Bovins viande et polyculture-élevage.
Ygrande. Mardi 31 janvier, de 10 heures à midi, salle Raymond-Mongeat. Thème : bovins et ovuins.
Dompierre-sur-Besbre. Mercredi 1er février, de 10 heures à midi, salle Soeur-Angela, 216 avenue de la gare. Thème : Bovins viande et polyculture-élevage.
Saint-Pourçain-sur-Sioule. Jeudi 2 février, de 10 heures à midi, salle du conseil communautaire, rue Berthelot. Thème : Culture et polyculture- élevage.
Neuvy. Vendredi 3 février, de 10 heures à midi, à l’amphithéâtre du lycée agricole. Thème:Culture et polyculture- élevage.
Durdat-Larequille. Lundi 6 février, de 10 heures à midi, salle de réunion du lycée agricole, route de Clermont. Thème : Bovins viande.

Source : www.lamontagne.fr