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Les objectifs de J.-M. Chavarochette, président de la CCI Moulins-Vichy

Obligée de mettre en place un plan d’économies et de se séparer de huit collaborateurs, la CCI de Moulins-Vichy cherche à se réinventer. Entretien de La Montagne avec son président depuis 2011, Jean-Michel Chavarochette.
 

Quel sera le visage de la nouvelle chambre de commerce ? Il sera différent car il y a certaines choses que nous ne pourrons plus assumer. On va faire des efforts sur la formation mais on fera moins d'événementiel, on va réduire la communication. Avec moins de collaborateurs, il faut se recentrer. Le plus gros dossier, c'est l'abandon de l'aérodrome de Montbeugny, on en discute avec Moulins-communauté. Toutes les CCI sont dans le même bain, alors il faut avoir des idées. On doit être un partenaire, aller vite, être efficace : on est dans une ère numérique où il faut être rapide. Les CCI d'hier mettaient un certain temps à faire les choses, celles de demain doivent être actives, rapides et efficaces.

À quel rythme souhaitez-vous mener la restructuration de la CCI de Moulins-Vichy ? Pour bâtir la CCI de demain, il ne faut pas vouloir aller trop vite. C'est un peu comme si on fait une maison et qu'on ne laisse pas le temps de sécher. Il faut un peu de temps pour que ça prenne. Donc, là, pour avoir une CCI qui joue pleinement son rôle de partenaire avec les communautés de communes, avec les départements, il faut savoir être patient. Vous en trouverez toujours qui vont vous dire : "si on fait la fusion tout de suite, ça va apporter plus vite". Non, on a tous commencé par apprendre à marcher avant d'apprendre à courir. Nous avons une première échéance avec les régionales en fin d'année, puis il faudra être prêts fin 2016, pour les élections consulaires.

Quel sera l'impact des régionales ? L'élection régionale va être importante, avec le pouvoir qui, le 1 er janvier, s'en va à Lyon. Il ne faut pas en avoir peur, il faut savoir le transformer en atout, sachant que l'Allier ne représentera à peu près que 3,5 % de la nouvelle région. En revanche, on a des idées, des entreprises performantes et pas forcément connues.

Et le mariage avec la CCI de Montluçon ? Il faut que l'on se prépare, avec la CCI de Montluçon, pour construire une chambre unique pour le département avant fin 2016. La difficulté du département c'est d'avoir trois bassins autonomes, c'est ce que l'on a déjà expliqué à nos amis lyonnais. Il faudra trouver un équilibre. Cela fait cent vingt ans que les CCI fonctionnent ainsi dans l'Allier, il a fallu tout ce temps pour construire. Il faut que chacun garde sa force et sa différence dans ce mariage. Les trois bassins n'iront pas à la même vitesse ou sur les mêmes secteurs.

Quelles vont être vos orientations prioritaires ? On doit attendre les élections régionales pour savoir quelle sera la politique choisie et quelle politique économique on devra mettre en route pour être en phase avec la Région. Et après, quel que soit le résultat – vous verrez –, le Grand Clermont va naître. Cela va encore remanier les cartes : Vichy sera aspiré par Clermont et que va-t-il arriver de Moulins et Montluçon ? Il faut que Moulins et Montluçon n'aient pas peur de ça – pour le moment ils ont peur. Il faut construire pour que ces deux pôles puisent profiter de l'aubaine de Rhône-Alpes pour être tirés vers le haut.

Quel est votre état d'esprit aujourd'hui ? On est dans la construction. Comme un chef d'entreprise qui sort d'une année difficile. Il faut se remettre à cheval pour préparer l'avenir. Même si on a pris des coups de bâton… il faut rester optimiste.

Finalement, cette réforme tant contestée oblige les CCI à se remettre en question, c'est plutôt positif non ? Cela nous pousse à changer notre fusil d'épaule, à repenser nos missions, à travailler plus en partenariat. On ne fait plus les choses comme il y a trente ans. Aujourd'hui, on se bat pour la RCEA car cela profitera aux entreprises locales et à l'emploi. Pareil pour le contournement nord-ouest de Vichy. Nous avons un avis à donner sur ces dossiers, chiffres à l'appui, avec des études économiques. Aujourd'hui, les hommes politiques se font élire sur l'économie, parce que le chômage est le problème principal : c'est l'économie qui gouverne et ce sont les entreprises qui créent l'économie.

Source : lamontagne.fr / photo Dominique Parat