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L’Auvergne anticipe sur la fibre et l’avenir

Stratégie de spécialisation intelligente en Auvergne, poursuite du développement du très haut débit, rapprochement des clusters : c’est une journée dédiée à l’économie qui s’est déroulée hier à l’Hôtel de région.
 
Alors que la phase 1 du plan du déploiement du très haut débit ne s’achèvera qu’en 2016, Stéphane Richard, PDG d’Orange et René Souchon ont signé hier une convention de cofinancement relatif à l’affermissement de la seconde tranche portant sur la période 2017/2021.
 
657 millions d’euros
 
Même si cela n’a pas été dit comme ça, cette signature a pour finalité de prendre de vitesse la région Rhône-Alpes.
En effet, le système choisi par la région à laquelle l'Auvergne sera rattachée à la fin de l’année est totalement différent du partenariat public-privé choisi par la Région, les quatre Départements et les six agglomérations.
« Cette deuxième phase était optionnelle et comme notre système n’était pas superposable avec celui de Rhône-Alpes, cette signature permet de rendre les choses irréversibles», soulignait René Souchon. Bref, fusion ou pas, l’Auvergne continuera jusqu’en 2021 à déployer son réseau très haut débit sous cette forme de partenariat public-privé. Avec pour objectif d’atteindre une couverture de 70 % de la population à cent méga. Restera à réaliser une troisième tranche (20212025) afin d’atteindre les 100 %.
 
Ce renouvellement était d’autant plus souhaité par les élus que l’actuelle première tranche leur donne toute satisfaction. Fin 2016, le taux de population pouvant potentiellement disposer de cent méga est estimé à42 % tandis qu’un minimum de huit méga est promis à l’ensemble ou presque de la population. Évidemment, tout cela a un coût. Pour la seconde tranche qui prendra effet en 2017, il est estimé à 657 millions. 116 millions sont apportés par la Région, 96 millions par les Départements, 109 par l’État via le fonds numérique stratégique et  404 millions par la commercialisation.
Sur ce point, Stéphane Richard relevait « un taux d’abonnement deux fois plus élevé en Auvergne qu'en France ». Preuve d’une véritable attente que les présidents des départements allaient, à tour de rôle se faire le porte-parole.
 
Définir les usages
 
Stéphane Richard, pour sa part, insistait sur « la mobilisation d’Orange afin de respecter les engagements». Sur la phase 2, ce sont 100.000 prises qui seront installées dans des zones montagneuses et rurales. « Ce qui leur permettra d’avoir une avance déterminante et de leur ouvrir les portes du numérique dans des domaines prioritaires comme la santé, l’éducation, l’agriculture», poursuivait-il.
Et cela à son importance. « À quoi bon proposer du très haut débit s’il n’y a pas les usages derrière », lançait René Souchon. Car, selon lui, « certains territoires sont encore timides». D’où la mise en place d’une quinzaine de laboratoires sur l’ensemble du territoire pour les accompagner. « Car, derrière les usages, il y a de l’emploi et de l’attractivité». Et c’est bien le but recherché dans cette opération qualifiée « d’exemplaire » par Stéphane Richard.
 
Les clusters d’excellence anticipent la prochaine fusion
 
Cette journée s’est poursuivie avec une réunion des pôles de compétitivité et des clusters d’excellence. Jean-Louis Gagnaire, vice-président de Rhône-Alpes et Alain Bussière, vice-président d’Auvergne ont ainsi invité les représentants de ces grappes d’entreprises à se rencontrer afin d’évoquer la prochaine fusion des deux régions.
Le salon du Bourget, le mois dernier, avait été le prétexte à un premier rapprochement entre Avia et son homologue Rhône-Alpin.
Mercredi soir, dans les locaux de l’Arde, le pôle de compétitivité Mont-Blanc industries et le cluster d’excellence Auvergne Efficience industrielle ont signé une convention courant sur trois ans (et plus si affinités) portant sur plusieurs points dont celui de montages en commun de projets et de mutualisation de moyens. Après la journée d’hier, d’autres devraient suivre.

 

Source : La Montagne