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L’Atelier Wilson veille sur vos bijoux

Les carnets économiques du territoire

Arnaud Raisin est de ceux qui transforment les pierres en œuvres d’art. A la tête de l’atelier Wilson, installé dans la rue vichyssoise du même nom, il a été formé dans les maisons de la place Vendôme entre luxe, excellence et amour du savoir transmis. Portrait d’un artiste joaillier.

C’est en 2014 que l’Atelier Wilson ouvre ses portes vichyssoises. Une ouverture qui arrive à point nommé dans la carrière vouée à la joaillerie d’Arnaud Raisin. A 16 ans, ce vosgien d’origine s’exile à Paris pour un CAP joaillerie à l’école BJO de la chambre syndicale de la rue du Louvre : ‘’Je ne viens absolument pas d’une famille issue du milieu de la bijouterie, mais un jour une amie m’a présenté un bijoutier qui avait fait l’école BJO. J’étais assez bricoleur et j’ai de suite été fasciné par les pierres, il y avait donc une certaine logique dans ce chemin. Je n’ai tenté que le concours d’entrée de cette grande école parisienne et je l’ai eu’’ se souvient Arnaud Raisin. Ce dernier se spécialise immédiatement dans la joaillerie, un choix qu’il avoue ne jamais avoir regretté même si son métier s’expose rarement au regard du grand public. En effet, c’est dans un atelier que l’artisan joaillier magnifie la pierre en faisant disparaître le métal. Mais après 4 ans de CAP, le jeune homme ne se sentait toujours pas joaillier : ‘’En CAP on apprend les rudiments et on fait connaissance avec l’outillage. Derrière, on passe 10 ans à apprendre son métier dans des ateliers’’ confie-t-il. Alors il fait pendant une dizaine d’années ce qu’on évite de faire dans beaucoup d’autres professions, il change de maisons… souvent. ‘’Dans notre branche le changement est bon signe car chaque maison est différente dans ses techniques et savoir-faire.  J’ai travaillé dans beaucoup d’ateliers de sous-traitants de la place Vendôme. Un parcours d’excellence et de perfectionnisme où on apprend beaucoup des anciens. La transmission est importante dans nos métiers d’art’’ insiste Arnaud Raisin qui ne l’a jamais oublié tout au long de sa carrière.

Manager autrement

En 1997, Arnaud Raisin fonde la société SARL Hévéa à Dijon puis Toulouse. Comme l’hévéa qui doit savoir être souple et s’adapter, le jeune chef d’entreprise apprend à gérer une équipe de 5 personnes. Habitué aux règles strictes du travail en atelier, il a le sentiment qu’on peut diriger autrement au service de relations plus solides et productives : ‘’Contrairement aux ateliers parisiens nous avions beaucoup plus de mètres carrés et même si nous étions loin de Paris c’était une force pour nos clients. Le milieu de la joaillerie est très réduit et si vous êtes connu et reconnu les maisons vous suivent. Si vous cassez un diamant de trois carats quelque part dans un atelier parisien, ça se sait aussi très vite. Nous pouvions avoir une production haut de gamme entièrement gérée par nos soins jusqu’à la livraison’’. Mais la force d’Arnaud Raisin réside surtout dans la confiance qu’il met en chacun de ses employés. Refusant une politique de police du retard ou de stress professionnel il casse les codes très hiérarchisés des ateliers. Dès le départ de son aventure il instaure des places mobiles pour inciter ses collaborateurs à changer de perspectives : ‘’Les anciens et leur expérience sont des forces indéniables, mais pourquoi un apprenti ne pourrait-il pas apporter un regard neuf ? L’idée est de développer l’envie d’aller de l’avant en disant de temps en temps, « vas-y essaye mais prends tes responsabilités »’’. L’affaire marche bien mais le 11 septembre 2001 marque un coup d’arrêt important pour le secteur du luxe, Hévéa n’a pas assez de trésorerie pour faire face et doit fermer. Pendant plusieurs années Arnaud Raisin retourne à Paris et travaille seul en indépendant, au service de ceux qui lui ont toujours fait confiance.

Un nouveau concept à Vichy

C’est en 2008 que sa vie personnelle lui fait croiser la route de Vichy. Tout en continuant son travail de sous-traitant en ‘’chambre’’ (à domicile) pour les grands noms parisiens il s’associe à la boutique vichyssoise Lingot d’or. ‘’ C’est à ce moment-là que j’ai découvert le rachat d’or, la réparation et surtout le métier de boutiquier. Je n’avais jusqu’alors jamais été en contact avec les clients et leurs demandes’’, explique Arnaud Raisin, qui comprend à cette époque que la réparation peut être un vrai renouveau dans sa carrière. Si cet art peut sembler un peu moins prestigieux que la création pure, il est une très bonne école de terrain. De 2011 à 2013 il va plus loin, en encadrant les différents ateliers et magasins du groupe auvergnat CARADOR à Clermont Ferrand. Il en est désormais sûr, sa prochaine étape sera l’ouverture d’une boutique bien à lui. L’opportunité se présente lorsque le gérant de la boutique ‘’Gem lOr’’ de Vichy décide de vendre.

Ouvert en 2014 l’atelier Wilson présente alors un concept différent, celui de ne vendre que des bijoux rachetés à des particuliers. Remises en état sur place, les collections de la vitrine sont donc uniquement issues du rachat de métaux précieux qu’il exerce au quotidien. Un pari original pour un concept de vente qu’il voulait sans risque et viable : ‘’C’est dur de convaincre les banques d’ouvrir une nouvelle bijouterie dans une ville qui en compte beaucoup. Mais le Crédit Agricole m’a suivi. C’est important dans ces moments de création qu’un regard extérieur vous dise « on croit en vous, allez-y » !’’. Pour obtenir ce suivi bancaire et ne pas risquer une caution sur ses biens personnels, Arnaud Raisin fait une demande de prêt à taux 0 auprès de la Chambre de métiers et de l’artisanat, qu’il obtient : ‘’C’était le complément qui me manquait pour bien commencer mon activité’ ’confie-t-il.

La réparation et le service comme nouveau point de départ

Depuis un an, il a su se faire un nom en proposant un accompagnement personnalisé pour la réparation et la transformation des bijoux. Un travail sur bijoux ‘’anciens’’ qui le passionne : ‘’Il faut un long échange avec le client pour bien comprendre sa demande ou ses envies. Ensuite si je ne sais pas faire quelque chose je fais appel à des meilleurs ouvriers de France, pour les travaux de gravure  main par exemple’’. Au quotidien, l’artisan transforme des alliances de famille, retrouve des pierres fantaisie pour des boucles d’oreilles fétiches ou change les piles de montres. ‘’Ce que j’aimerais que les clients comprennent c’est qu’ils peuvent passer ma porte autant pour faire réparer un anneau d’attache de collier, que pour un travail de transformation de joaillerie. Mon métier aujourd’hui c’est le service et le dépannage’’. Et parce qu’il est aussi tombé amoureux de Vichy, Arnaud Raisin s’implique dans la vie économique de la ville. Acteur du groupe Id’Pro Vichy, il travaille de concert avec de nombreux entrepreneurs locaux pour créer du lien et du sens dans cet univers d’affaires. Les réunions mensuelles permettent de s’entraider, se faire connaître et placent l’éthique et l’humain au centre des préoccupations de chacun. ‘’Des idées pour les pros et des pros qui ont des idées’’, leur slogan colle aux envies d’évolution de cet artisan de la transmission. Arnaud Raisin sait parfaitement que vos bijoux ont tous une histoire à raconter, une beauté à préserver et un éclat à sublimer, n’hésitez donc plus à passer la porte de l’Atelier Wilson.

 

Atelier Wilson

2 rue du Président Wilson-Vichy

vichy@atelier-wilson.com

04 70 31 35 13

www.atelier-wilson.com

 

 

Rédaction Bénédicte Rollet NOTA Bene, pour les carnets économiques de Vichy Val d’Allier Développement