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NSE

Les carnets économiques du territoire

Une multinationale de 700 salariés courtisée par les plus gros donneurs d'ordre

Entre la petite puce électronique et le Boeing, il y a NSE

En 1983, François Lacoste était jeune agriculteur depuis huit ans à Nizerolles, dans les contreforts de la Montagne bourbonnaise. Il avait une petite ferme, des chèvres et des brebis. Pas beaucoup. Cette année-là, il a décidé de créer une petite entreprise, NSE (Nizerolles Systèmes électroniques), pour arrondir ses fins de mois. 27 ans plus tard, le fondateur de NSE est toujours le même, mais sa petite entreprise est devenue une multinationale de 700 salariés. C'est l'histoire d'un mec…

François Lacoste. 54 ans et pas du genre à faire du bruit. Il bosse. Il a mille et une choses à faire. Et pourtant il a fait de Nizerolles, petite commune bourbonnaise de 330 habitants, et du bassin de Vichy les bases de projets de très grande envergure. Il relie ciel, terre et mer en travaillant avec de gros donneurs d'ordre tels que EADS, Boeing, Sagem, Giat, Thalès, Dassault…

Deux pôles pour mille savoir-faire

Le siège de NSE est resté à Nizerolles, là où la société de 5 salariés a été créée. Mais aujourd'hui, 27 ans plus tard, ces trois lettres tonitruantes envoient leur écho aux quatre coins du monde. Depuis la Montagne bourbonnaise, François Lacoste a tissé une toile mondiale à la connectique infaillible.

Pôle services. Il est dédié à la maintenance de matériels informatiques et électroniques. C'est, en effet, à la zone de la Tour d'Abrest, sur les 13000 M2 couverts du site et dans les quatre bâtiments (3 appartenant à NSE et le 4e à la mairie d'Abrest), que 300 salariés s'occupent de la réparation du matériel informatique et électronique, de la coordination logistique et du centre interface clients. 15 nationalités y sont présentes et 13 langues parlées (anglais, allemand, espagnol, italien, danois…). Qu'on soit en Hongrie, en Pologne, en Suède, au Portugal, à Montpellier ou n'importe où en Europe, un seul numéro vert est fonctionnel et il renvoie systématiquement au call-center d'Abrest. « Nous avons volontairement centralisé tous les appels à Abrest pour un meilleur suivi et une efficacité absolue. Cela nous permet notamment de consolider l'internationale, surtout en cette période de crise. D'autant plus que le matériel informatique et électronique coûte de moins en moins cher, il est, par conséquent, de moins en moins réparé. Cela nous a amené à développer sérieusement notre interface clients et des fonctions logistiques très efficaces, avec un flux de collecte important en Europe . », explique François Lacoste.

Pôle intégrations. Entre ciel, mer et terre, NSE travaille avec les gros avionneurs et participe, entre autres, à l'équipement des géants Airbus 380 (dispositifs de test et câblages). Mais on ne peut parler des radars de la pointe avant des mirages sans parler de NSE et de son savoir-faire de plus d'un quart de siècle au service du faisceau et du câble. Cela relève seulement de quelques-unes des compétences du groupe. Car François Lacoste est avant tout un bosseur. Il a des idées, il a peur de la stagnation, il aime évoluer. Diversifier et multiplier les services, c'est par ailleurs la force d'une entreprise. Alors le chef d'entreprise n'a pas une minute à perdre. « Nous sommes tout le temps à l'écoute du marché et à l'affût des évolutions permanentes. Notre domaine évolue tous les jours, et nous devons suivre le rythme. C'est ainsi que nous avons gagné le marché canadien (NSE-Automatech) en proposant une offre d'intégrateur et un savoir-faire de concepteur et de fabricant. Notre groupe maîtrise le câblage filaire et l'intégration de système électroniques et mécaniques. Et notre force de proposition apporte de vraies réponses aux attentes des gros donneurs d'ordre, notamment de l'aéronautique. », précise le PDG du groupe NSE.

Le pôle intégrations assure des prestations d'ingénierie, d'intégration, de test, d'installation et d'industrialisation dans les domaines de l'aéronautique, de la défense et de l'industrie lourde.

On peut alors imaginer François Lacoste comme quelqu'un de difficile. On peut aussi croire qu'il se sert du dernier ordinateur en vogue ou de l'Ipad pour prendre ses notes et recevoir les journalistes. Pas du tout. Humble et presque gêné, il impressionne par sa simplicité. Ses mots sont clairs, intelligibles et accessibles à tous. Quant à ses notes, il les rapporte au stylo sur un cahier. Et l'informatique alors ? « Ce n'est pas du tout mon domaine. J'ai un bac+2 en agronomie et j'ai juste suivi une formation de gestion et de management. Mais je ne suis pas informaticien, et moins encore électronicien ou ingénieur en aéronautique », répond-t-il on ne peut plus naturellement.

L'homme est attaché à ses valeurs, il a des principes et nous fait comprendre qu'il se rappelle très bien de tout son parcours. Et à la question : « Prévoyiez-vous une réussite aussi fulgurante à la petite entreprise de 5 salariés lors de sa création en 1983 ? »

Un petit sourire, puis une réponse toujours claire : « je ne voyais pas du tout les choses en grand à l'époque. Mais j'ai toujours voulu évoluer et je l'ai fait doucement, en toute sérénité . ». Sûrement aussi car le groupe NSE a tout de même réalisé un chiffre d'affaires de 48 M.€ en 2009.

De Nizerolles à l'Europe, une stratégie économique originale

Si la Montagne bourbonnaise est restée le fief de NSE tout en gardant une connexion parfaite avec toute la France, l'Europe et l'Amérique du nord, cela est simplement le fruit du génie de François Lacoste. Car la petite entreprise de 1983 a suivi un parcours sans faute en allant de réussite en réussite. De Nizerolles, il fallait aller vers des structures existantes et des zones d'activités stratégiques. C'est pour cela que le fondateur de NSE s'est installé, dans un premier temps, à la zone de la tour d'Abrest suite à l'incendie qui s'est produit sur le site de Nizerolles. Les malheureuses circonstances ont d'autant plus encouragé le fondateur de NSE à faire le premier pas d'ouverture et d'agrandissement. Et puis, pour développer une activité d'études et mettre une autre corde à son arc, François Lacoste a conquis le terrain clermontois. C'est normal, les ingénieurs sont plus nombreux à Clermont-Ferrand qu'à Nizerolles. S'ensuit alors le rachat d'autres entreprises à Riom, Grenoble, Evry…Gain de terrain et de productivité, diversification des services et multiplication des effectifs : des paramètres qui ne trahissent sans doute pas. Mais la réussite de NSE s'est affirmée avec l'ouverture du groupe sur l'Europe et l'acquisition de gros marchés mondiaux. « Nous avons des valeurs importantes dans l'entreprise : Rigueur, Travail, Honnêteté, Franchise et Humilité. Ce sont mes valeurs, et je les partage avec tous mes salariés. D'autant qu'ils n'ont pas tous des formations universitaires et des diplômes en veux-tu en-voilà ! Mais cela m'importe peu. Ils sont formés par NSE, et en nous basant sur ces valeurs nous faisons un bon travail. », précise François Lacoste.

Effectivement l'affiche sur laquelle sont mentionnées les valeurs capitales de NSE (Rigueur, Travail, Honnêteté, Franchise et Humilité) est placardée partout : salles de réunions, salles de pause, bureaux…

Le chef d'entreprise a raison puisqu'il a toute la confiance de ses collaborateurs. Sa force, dit-il, c'est de faire confiance aux autres. Il écoute, il prend note, il glane les idées d'où qu'elles viennent. C'est ainsi que le groupe NSE a aussi réussi à capter les marchés européens. « Une fois nous avons réussi à asseoir notre autorité en France en imposant notre savoir-faire, il fallait voir plus loin, plus grand. Et le Canada m'a semblé idéal pour toucher les Etats-Unis avec lesquels nous faisons une bonne partie de notre chiffre d'affaires. Arrive ensuite la Hongrie pour un emplacement européen géostratégique. Je n'ai jamais eu peur de voir ce qui se passe ailleurs, et c'est comme ça que nous sommes arrivés à nous imposer en dehors de l'Hexagone. »

Universel, ouvert et curieux. François Lacoste est un chef d'entreprise modeste qui n'a pas peur de la grandeur du monde. Surtout avec l'avènement d'Internet et les nouvelles technologies, aujourd'hui accessibles au commun des mortels. Il a raison, l'informatique et Internet rompent les frontières. Il n'y a presque plus de pays, les barrières s'estompent. Il y a juste un monde.

Puis Casablanca, l'Afrique du nord, une antenne méditerranéenne qui sert aussi d'ouverture sur le continent africain. Enfin, depuis Nizerolles, François Lacoste a su conquérir le monde des affaires. Il l'a fait en toute simplicité et avec beaucoup de travail. Spécialiste de la connectique et du câblage filaire, sa stratégie coule évidemment de source…

François Lacoste et les honneurs

Parallèlement à sa vie d'entrepreneur et dans le droit fil de ses prises d'initiatives et de ses engagements, François Lacoste a aussi eu une vie politique. Il reste très ouvert, toujours curieux.

Sa première vraie expérience remonte à 1985. En tant que jeune entrepreneur, il a été élu conseiller général du canton du Mayet-de-Montagne. Ce n'est pas anodin puisqu'il était le plus jeune conseiller général de France. Il sera maire de Nizerolles pendant 11 ans.

Mais c'était en tant que président de NSE que le Bourbonnais s'est retrouvé aux côtés de Thierry Breton (ancien ministre de l'économie) en Inde, en 2005, lors du voyage de Jacques Chirac en compagnie de 35 chefs d'entreprise. Il y avait là la crème de l'entrepreneuriat français. François Lacoste a alors côtoyé les capitaines de l'industrie française et quelques champions du CAC40.

En 2009, c'est le ministre de l'intérieur qui vient chez lui, dans son village à Nizerolles, pour lui remettre les insignes de la légion d'honneur. Le ministre a alors salué son parcours exemplaire et ses multiples engagements qui l'ont toujours gardé proche de son terreau bourbonnais… même si François Lacoste gère ses affaires à l'échelle internationale !

Modeste, engagé, attaché aux vraies valeurs humaines et toujours à l'écoute des autres, François Lacoste s'est en quelque sorte fait tout seul. Sans s'affoler et sans être un champion de l'informatique ou de l'aéronautique, il a fait de la Montagne bourbonnaise une des compétences mondiales du câblage et de l'aéronautique, de l'informatique et de la sous-traitance. Du petit atelier de fortune, il est passé à une multinationale prospère et profitable pour tout le monde. D'abord au service de l'évolution technologique, celle-ci profite aussi au territoire en générant des richesses et de l'emploi. NSE emploie au total 700 salariés et sert divers domaines, du filaire à l'industrie lourde.

Le secret de François Lacoste : « Pour réussir, il faut énormément de travail, de la patience et beaucoup de rigueur. Il faut aussi écouter tous les avis. Moi, j'ai toujours écouté le marché, je suis en permanence les évolutions technologiques et économiques. La création d'une entreprise est une expérience exceptionnelle, et c'est extraordinaire de la vivre. Même en cas d'échec, il ne faut jamais baisser les bras. Il faut retenter, insister, persévérer. Démarrer avec au moins un client dans la poche peut également être une sécurité. », conclut François Lacoste.


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