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Vichyssois du monde : Pascal Fesneau consul honoraire en Roumanie

Les carnets économiques du territoire

Pascal Fesneau est parti en Roumanie en 1998, comme « ambassadeur » économique de Vichy. Dix-sept ans plus tard, il est toujours à Cluj où il est devenu… consul honoraire de la France.

À l'agence de développement économique de Vichy Val d'Allier, Bruno Pinard-Legry n'a pas oublié Pascal Fesneau : « Un très beau parcours et un ambassadeur très efficace de notre territoire », assure le directeur de VVA Développement, au moment de nous (La Montagne) mettre sur la piste de l'ancien chargé de mission de l'agence. Embarquement pour Cluj, pour une nouvelle étape de notre tour du monde 100 % vichyssois.

Comment devient-on consul honoraire de France à Cluj ? « Officiellement, on dépose une candidature, mais le plus souvent c'est l'ambassadeur en poste qui choisit et propose à un ressortissant français de devenir consul honoraire selon des critères précis : bonne implantation locale, connaissance des principaux acteurs économiques et politiques, des institutions… »

Quelle est votre mission ? « L'activité consulaire est bénévole, elle consiste à assister les Français en difficulté, à effectuer certaines démarches administratives (renouvellement de cartes d'identité par exemple). La mission comporte également un volet économique (promotion des savoir-faire français, aide aux entreprises françaises de la région) et politique (représentation de l'ambassade dans différents événements officiels).

Professionnellement, je coordonne la société Energom, de capital français (groupe Gonzales, implanté en Rhône-Alpes). Je suis également administrateur de la société Adixen Manufacturing Romania, filiale d'une société française basée à Annecy, et de capital allemand. »

Qu'est-ce qui vous motive dans le fait de travailler et de vivre à l'étranger ? « La qualité de vie : à revenu équivalent, la Roumanie offre un niveau de vie bien supérieur à la France. D'autre part Cluj-Napoca est une ville universitaire de 320.000 habitants très agréable à vivre, avec beaucoup d'offres culturelles, sportives et de tourisme rural. La région ressemble d'ailleurs beaucoup à l'Auvergne en terme de paysage. La ville est desservie par un aéroport international avec des vols directs vers les principaux pays d'Europe de l'Ouest. »

Qu'est-ce qui fait que vous restez attaché à Vichy ? « Ma famille, des amis (très peu car dès la fin de mes études j'ai vécu à l'étranger), le simple plaisir de se promener dans Vichy qui reste une des plus belles villes du centre de la France. »

Quand on vous demande vos origines, quelle est la réponse : Vichy, Clermont-Ferrand, l'Auvergne, la France ? « Vichy d'abord, le nom est connu mondialement. Je me sens profondément auvergnat, français et surtout européen. »

Qu'est-ce que vous aimez dans le voyage et l'étranger qui n'existe pas à Vichy ? « Le niveau de vie, mais ce n'est pas propre à Vichy : la fiscalité française est très lourde dès qu'on a un revenu plus élevé et que l'on n'a pas de personne à charge.

Les infrastructures : Cluj a l'une des vitesses Internet les plus rapides au monde, et dispose d'un aéroport qui me permet de sortir du travail à 17 h 30 et d'être les pieds dans l'eau à Barcelone à 21 h 30, le tout pour 120 € l'aller-retour !

La diversité : le multiculturalisme de Cluj est une véritable richesse. »

Y a-t-il des aspects vichyssois qui vous manquent ? « Le fromage ! C'est peut-être ce qui manque le plus aux Auvergnats qui vivent à l'étranger en général. Et puis un certain raffinement, une élégance propre aux villes thermales. »

Avec le recul des kilomètres, comment jugez-vous Vichy et sa région ? « Les Français se plaignent souvent à tort. Certes la fiscalité est lourde, les strates administratives sont devenues incompréhensibles, les corporatismes et les conservatismes nombreux, mais ces inconvénients sont largement compensés par une région agréable à vivre, avec des services pléthoriques, et une jeunesse innovante dans de nombreux domaines et respectueuse de la nature. »

Quelle sera la suite ? Un retour en France ? « Ma maison est l'Europe, particulièrement en Roumanie, en Espagne et en France. Donc, pour moi, la notion de" retour" ne se pose pas, je me sens déjà chez moi partout en Europe. »

 

Bio express

Études

Pascal Fesneau est né le 2 novembre 1972. Il a suivi sa scolarité à l’école des Garets, à Vichy, puis à l’école Notre-Dame de Cusset, ensuite au collège Saint-Joseph et au lycée Saint-Pierre à Cusset.

Étudiant en LEA à l’université Blaise- Pascal à Clermont-Ferrand, il a débuté sa vie professionnelle par plusieurs stages effectués à l’agence pour Vichy Val d’Allier Développement.

Expériences professionnelles

Pascal Fesneau a commencé ses voyages professionnels par Logroño, en Espagne, ville partenaire de Vichy, où il a été stagiaire à la mairie. Il a effectué une mission au secrétariat général aux affaires européennes de la région La Rioja, à Logroño, puis une année d’études en Erasmus à Saint- Jacques-de-Compostelle. Le Vichyssois, avant la Roumanie, a également été coopérant à l’Ambassade de France en Israël, sur un poste d’attaché linguistique.

De 1998 à 2002, il a été détaché en Roumanie de l’agence Vichy Développement comme responsable du centre d’affaires et de développement franco-roumain de Cluj-Vichy, financé par la région Auvergne et le département de l’Allier. Actuellement, Pascal Fesneau dirige deux sociétés industrielles : Energom (85 employés) et Adixen Manufacturing Romania (43 employés).

 

Source : La Montagne