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SAEM

Les carnets économiques du territoire

Une des anciennes, sinon la plus ancienne entreprise d'électricité spécialisée dans l'équipement de bâtiments, d'usines et postes de transformation du bassin de Vichy, la société d'Antoine Matheix a vu le jour en 1912. En 1962, Alain Pelletier et Julien Forissier, anciens cadres de l'entreprise, prolongent l'œuvre de leur mentor en créant une SARL : la Société des Anciens Établissements Matheix (SAEM). Après 50 années au fauteuil de PDG, Alain Pelletier a décidé de passer la main à son tour à Éric Masson, un PDG en devenir.

Immersion au cœur d'un siècle d'histoire en entreprise…


Lorsqu'on se trouve face à Alain Pelletier (à gauche sur la photo), fondateur et président de la société des anciens établissements Matheix, on n'en mène évidemment pas large. On se rend vite compte qu'on a affaire à une mémoire de plus d'un demi-siècle, vivante et active, au cœur de l'histoire du bassin industriel de Vichy- et bien au-delà. Ses exploits prennent leurs racines à Cusset pour aller vers l'ensemble du territoire français, l'Europe, l'Afrique… Sa langue, elle est de tout sauf de bois. Alain Pelletier n'aime pas les discours ampoulés, guindés. Il est vif et concret. Clair. Pas de jolies phrases derrière la cravate qui ne peut pourtant pas se passer de lui. C'est un chef d'entreprise qui va droit au but. Il parle affaires, hommes, projets, territoire. Le reste, il le laisse aux autres. « Lorsque j'entends les jeunes dire qu'il est difficile de monter des entreprises aujourd'hui, que les banques ne prêtent plus d'argent, que les temps sont plus durs, et que … et que … ; ça me fait rigoler doucement. Rien n'a changé, et j'ai presque envie de dire que c'était encore plus dur avant », s'exclame le chef d'entreprise de 78 ans. Il en a bien sûr vu des vertes et des pas mûres. Mais actif jusqu'à fin 2010 lorsqu'il accueille son successeur, Éric Masson, et toujours aux affaires de manière indirecte puisqu'il ne peut visiblement pas s'en passer, Alain Pelletier connaît l'entreprise mieux que quiconque. Il la connaît car il l'a vécue, développée, poussée, explorée sous toutes les facettes. Et comme il n'est pas du genre à se laisser vaincre à plate couture, il a toujours su avoir le coup d'avance qu'il faut sur son époque. Avant de se laisser surprendre, il surprend. Au lieu d'être pris au dépourvu, il s'y prend bien tôt. « Pour faire un travail de qualité et toujours bien gérer l'entreprise, la ligne de conduite a été fixée depuis le tout début, en 1962. Aujourd'hui encore, c'est celle que nous suivons : rester une entreprise à taille humaine, être au plus près des clients. Puis travailler, travailler et encore travailler. »


Mais surtout, Alain Pelletier entend l'entreprise comme un challenge de tous les jours, un travail sans interruption. « L'entreprise, c'est ma vie. Elle l'a toujours été, et je ne sais rien faire d'autre de toutes façons », affirme-t-il. C'est ainsi que SAEM était courtisée par des grands donneurs d'ordre lorsque le dirigeant les mettait au courant de ce qui se faisait en dehors de l'Hexagone ; à l'époque, l'entreprise avait son propre avion et son pilote professionnel, un moyen pour prospecter alors le marché international, l'énergie et les industries pétrolières notamment.


Un heureux problème de peinture donne naissance à Peintamélec


Le lien n'est pas évident à établir entre les deux sociétés, il n'y a pas de parenté apparente. Pourtant Peintamélec, créée en 1969, est la fille de SAEM. C'est Alain Pelletier et Julien Forissier qui ont permis la naissance du bébé il y a plus de quarante ans. « Lorsqu'un gros client - et pas des moindres- est entré dans mon bureau à l'époque, à savoir Michelin, nous avions des serruriers, des électriciens, des peintres, enfin de tout. Mais nous n'avions pas de cabines de peinture aux normes. Or Michelin, dans le cadre de son développement, avait une demande bien précise, il s'agissait de fabriquer, de peindre et de câbler des armoires électriques », raconte le fondateur de SAEM. Et comme ce genre de client ne se perd pas, il fallait impérativement répondre à la demande. Les deux entrepreneurs se sont vite compris au simple regard : créer une nouvelle société, et voilà que naît Peintamélec. « Nous avons eu un vrai soutien à l'époque de la part des collectivités », précise Alain Pelletier.


Aujourd'hui, Julien Forissier est toujours actionnaire de SAEM et Alain Pelletier de Peintamélec même si les deux entreprises sont tout à fait indépendantes.

Mais si les installations électriques restent le cœur de métier de la société (courants forts/faibles), celle-ci a de multiples savoir-faire : réseaux informatiques, éclairage public, froid-climatisation-chauffage, hydraulique et pompage. En s'appuyant sur ses 3 agences (Cusset, Thiers et Lyon) et près d'une centaine de collaborateurs, la PME couvre la région Auvergne et une bonne partie du Rhône-Alpes. Ses principaux clients sont Aubert & Duval, L'Oréal, Vuitton, Leclerc, les collectivités territoriales, les syndicats d'adduction d'eau et de nombreuses entreprises régionales.


Éric Masson, la relève


Les installations de la société s'étendent au sud de la France et au Nord (Perpignan, Dunkerque, etc.) ; on les trouve en Afrique et même en Algérie (base militaire de Batna). Même si la PME est toujours restée relativement petite, une volonté de son fondateur, ses réalisations ne le sont pas. Et maintenant que le dirigeant veut quitter son fauteuil après une vie active de plus de soixante années, Éric Masson (à droite sur la photo) est celui qui prend désormais le relais. Il sait combien sa responsabilité est importante et mesure la tâche qui l'attend à la densité du ponte qui le précède, celui qui veille toujours d'un regard attentif sur SAEM comme sur son bébé. « Je connais Alain Pelletier depuis vingt ans, et j'ai toujours secrètement voulu intégrer son entreprise. Je ne peux donc qu'être fier de travailler avec lui », confie le nouveau directeur général.

Arrivé il y a cinq mois, Éric Masson est un homme qui inspire confiance : travailleur, mûr et expérimenté. « Alain Pelletier ne voulait pas confier son entreprise à un jeune, poursuit-t-il. Mes 55 ans et mon expérience ont donc joué en ma faveur. Il avait des conditions que je remplis, et c'est tant mieux. » La mission d'Éric Masson consiste à développer les agences lyonnaise et thiernoise, mais aussi à consolider l'entreprise dans ses vrais métiers : installations électriques, froid et climatisation, hydraulique et pompage. « Nous avons un vrai potentiel et des techniciens qui connaissent parfaitement leurs métiers. Nous innovons aussi beaucoup et notre diversité nous permet d'intervenir aussi bien sur une grande surface que sur des stations de pompage ou des automatismes. Mon rôle est donc de faire en sorte que l'entreprise continue d'évoluer tout en renforçant son image . »


SAEM a aujourd'hui une équipe de 85 personnes (contre 120 lors de sa création en 1962). C'est une PME bien ancrée dans le territoire vichyssois et nombreuses sont ses réalisation au cœur de l'agglomération. Des infrastructures (qu'elle entretient tout le temps) à travers lesquelles l'entreprise garde toujours d'étroites relations avec son territoire : Hippodrome de Vichy-Bellerive, Stade aquatique de Bellerive-sur-Allier, Centre hospitalier de Vichy, centres commerciaux, bâtiment de Vichy Val d'Allier…

La société met l'accent sur la formation et l'apprentissage pour permettre la transmission des savoir-faire entre les générations. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 10 M. € en 2010.

www.saem-electricite.com