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Les Vins de Saint-Pourçain à la conquête de Vichy

Les carnets économiques du territoire

Si tu ne viens pas à Saint-Pourçain, le Saint-Pourçain viendra à toi ! Telle pourrait-être la nouvelle devise de l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain, lancée aux vichyssois. Depuis quelques semaines, la cave du Carlton a en effet ouvert ses portes au 28 de la rue du président Wilson à Vichy. Un lieu de dégustation mais surtout de valorisation d’un vin en plein renouveau, s’appuyant sur la force de 80 vignerons. Christian Bigot, directeur de cette Union des Vignerons, s’affaire en coulisses pour mettre en lumière des vins qui ont su se faire un nom.

union des vignerons de St Pourçain

Si une belle légende attribue les origines du vignoble de Saint-Pourçain aux phéniciens, 5 siècles avant JC,  la culture de la vigne dans cette partie du bourbonnais date plus vraisemblablement des romains, en 50 avant JC. Une date attestée par la découverte, à Vichy, d'anciens outils et instruments viticoles. Au Moyen Age, les vins de Saint-Pourçain sont transportés sur l’Allier puis la Loire jusqu’aux confins de l’Ile de France. La Cour de France et celle des Papes d’Avignon leur font une belle place sur leurs tables. Une popularité accentuée par l’arrivée sur le trône de France, de la famille des Bourbons, dont les terres abritent les vignes. Jusqu'à la fin du 18ème siècle, leur culture ne cesse de s'étendre pour atteindre alors 8000 hectares, faisant de la viticulture la principale richesse de la région. Mais le 19ème siècle est marqué par la concurrence, les maladies nouvelles, comme le phylloxéra et l’abandon des voies navigables de l’Allier. Un sérieux coup de frein pour les vins de Saint-Pourçain.  L’image se ternit et beaucoup gardent, aujourd’hui encore sur le palais, une amère sensation. Mais en bons bourbonnais, les Saint-Pourçain ont su se renouveler, pour proposer de nouveaux produits et une image redorée.

Christian Bigot, un directeur passionné

christian bigotDepuis 6 ans, c’est Christian Bigot (cf photo) qui dirige l’Union des Vignerons, regroupant 80 vignerons, sous la présidence de Jean-Marc Josselin. Après un Bac pro commerce  et un BTS en Commerce International, ce dernier tombe dans la marmite enivrante du vin : ‘’Tout a commencé pendant un stage chez un caviste. Il m’a initié au vin et m’en a montré toutes les subtilités. J’ai ensuite été agent commercial sur les foires pour diverses maisons de Bordeaux, de Bourgogne, d’Alsace et Champagne’’, se souvient-il. De 1986 à 1997, le profil commercial de Christian Bigot est remarqué par la maison Remy-Pannier Ackerman à Saumur. Embauché comme directeur régional, il est ensuite nommé directeur des ventes. Son expérience est complétée, de 1997 à 2001 par son travail auprès de Moc & Baril à Saumur, comme directeur commercial GMS France. ‘’J’ai ensuite découvert une autre façon de travailler en intégrant l’équipe du Château Lagrezette à Caillac (46), propriété d’Alain Dominique Perrin, à l’époque dirigeant et actionnaire du groupe de luxe Richemont, 2ème groupe juste derrière LVMH’’ précise Christian Bigot, alors directeur commercial des circuits GMS, CHR & Export. Ce dernier se plait alors à défendre et valoriser une image, un château et une renommée. Dans cet univers du luxe, il tisse un précieux réseau.

Repéré par un chasseur de tête, il est recruté en 2010 par l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain fondée en 1952 : ‘’Je connaissais, à l’époque, la Ficelle, mais sans savoir qu’elle était associée à Saint-Pourçain. J’ai été recruté pour donner un nouvel élan à l’appellation, notamment dans la recherche de nouveaux marchés. L’Union recherchait une âme de commercial, complétant le savoir technique de l’œnologue travaillant aux côtés du directeur général’’. Perte de dynamisme commercial, dossiers en attentes, marchés à reconquérir, les défis sont alors de taille pour le nouveau DG, pour qui la priorité reste la qualité.

Une culture raisonnée pour bonifier le Saint-Pourçain

Arrivé dans les terres bourbonnaises avec ses fichiers et son réseau, Christian Bigot et les 14 salariés qui l’accompagnent doivent inverser la courbe des ventes. Un vrai challenge que tous veulent relever ! Forte de ses 80 vignerons, 58 exploitations et 400 hectares sur les 600 que comptent l’appellation ‘’Saint-Pourçain’’, l’Union des Vignerons est solide. S’appuyant sur l’expertise de chacun et une expérience qui se transmet, les vignerons font front ensemble. Presque tous issus désormais, d’écoles viti-oeno, cers derniers n’oublient pas les leçons du passé, tout en professionnalisant leur savoir-faire : ‘’Le plus dur a sans doute été, de faire moins et mieux lorsqu’on a pu faire jusqu’à 120 hectos-litre par hectare il y a 30 ans. Mais cette conduite raisonnée de la vigne était indispensable pour améliorer et valoriser notre vin, encore à tort, décrié par beaucoup d’anciens’’ explique le directeur. Polyculteurs, les 80 vignerons connaissent et aiment une terre transmise le plus souvent par leurs ancêtres. Une passion que tous veulent faire perdurer en prônant un juste équilibre entre sécurité des récoltes et traitement modéré des sols. Cette sensibilité à la terre et au bien-être des générations futures porte aussi ses fruits en terme de qualité des vins.

La commission ‘’vigne’’, créée et animée au sein de l’Union, contrôle l’ensemble des parcelles en mai et juin. Un échange de savoirs s’opère alors pour bonifier l’ensemble du domaine. L’Union a également investi dans une machine Qualiris qui prend en photo la matière du raisin. Les vignerons reçoivent alors une bonification à la hauteur de la qualité du raisin. Des gestes significatifs qui font leur force : ‘’La commercialisation et la vente sont des métiers à part et prenant. Cette coopérative aide les vignerons en leur libérant du temps et en leur offrant une force de vente qu’il n’aurait pas seuls’’, complète Christian Bigot, fier des 2 millions de bouteilles de Saint-Pourçain vendues en 2015 et des 70 références proposées à la vente. Connus et désormais reconnus, les AOC rosés, blancs, rouges et les effervescents de Saint-Pourçain se font une place dans le cœur des gourmets et gourmands français et européens. Reste à (re)conquérir les vichyssois.

Se faire une place à Vichy

Cave du carlton à Vichy

‘’Je souhaite aujourd’hui que les vichyssois, particuliers, commerçants et restaurateurs s’approprient le vignoble comme étant le leur et qu’ils aient envie de le défendre’’ lance Christian Bigot. La Cave du Carlton est donc une vitrine parfaite pour mettre le vin dans un écrin. A l’heure où les français ont envie d’un retour au terroir et produits authentiques, Saint-Pourçain a donc une belle carte à jouer. L’Union des Vignerons conquiert de gros marchés grâce à des produits nouveaux comme ‘’Apogée’’, un Blanc aux reflets dorés ou un Rouge grenat, ‘’Fringance’’ un pétillant effervescent ou ‘’Tendresse’’ un moelleux blanc pour amoureux de la cuisine et des bons vins. ‘’Récupérer les magasins Monoprix fut une lutte de 2 ans et ½ mais une belle victoire’’ se félicite le directeur. La cave du Carlton se veut ainsi nouvelle vitrine du savoir-faire local. Dégustation en permanence, développement d’une petite gamme régionale étendue et de quelques champagnes, animation des compagnons de la Ficelle, repas avec les vignerons pour des accords mets et vins aussi festifs que conviviaux, les animations se multiplient pour valoriser ces vins locaux. Avec un chiffre d’affaire 2015 en augmentation de + 6% et un prévisionnel à + 3% en 2016, les vins de Saint-Pourçain se portent bien ! Appréciés de la jeune génération, les rosés, blancs et rouges de la terre des bourbons se bonifient avec le temps. De quoi saluer le dur labeur de vignerons passionnés qui croient en leur terroir.

 

Cave de l’Union

3 Rue de la Ronde, Saint-Pourçain-sur-Sioule

04 70 45 42 82

http://www.vignerons-saintpourcain.com

 

Cave du Carlton

28 rue du Président Wilson - Vichy

04 70 96 52 40

 

Rédaction Bénédicte Rollet NOTA Bene pour les carnets économiques de Vichy Val d’Allier Développement.