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Hippodrome de Vichy-Bellerive

Si le temps c'est de l'argent, alors il faut être riche de patience pour décrocher quelques minutes avec Philippe Bouchara. À chaque escale vichyssoise, pas une ligne vierge dans l'agenda du président de la Société des courses de Vichy. Un dynamisme proactif au service de la modernisation de l'hippodrome et de la révolution des courses. Interview.

L'hippodrome a-t-il été impacté par les récentes intempéries ?

Philippe BoucharaCe sont surtout les personnels qui sont impactés par le temps. En cas d'inondation, c'est une charge de travail supplémentaire pour tout remettre en état. Notre piste aime la grosse pluie, mais déteste la bruine. Pour autant, en cas d'intempéries, une course n'est pas annulée, mais reportée, ou délocalisée. Ça aurait pu être le cas récemment, l'hippodrome du Croisé-Laroche était prêt à faire courir notre réunion. Ça n'a pas été nécessaire. Par ailleurs, il y a moins d'impact sur le trot que sur le galop en cas de mauvais temps.

Où en est le projet de nouvelle piste de trot ?

Si l'on veut développer les meetings de trot internationaux, la piste n'est pas assez large, et l'aire de départ trop petite pour des courses à 16 ou 18 partants. C'est un chantier d'1 million d'euros, pour refaire la piste mais également rénover les pistes d'entraînement, la sonorisation et les réseaux. Ce serait idéal si on pouvait lancer ça fin 2017. Il ne faut pas oublier que l'hippodrome de Vichy, c'est un gros acteur économique local, avec 40 réunions par an, deux festivals en juillet… Cela fait fonctionner les commerces et les hôtels. Il n'est pas juste là avec des chevaux qui courent. C'est aussi un acteur de l'emploi, avec 20 salariés à l'année, 70 en saison, et jusqu'à 120 sur les grosses courses. Globalement, les collectivités nous suivent. La ville de Vichy et l'agglo, notamment, ont compris que l'argent qu'on nous donne n'est pas fait pour remplir nos caisses, mais pour se développer. Je veux un hippodrome plus accueillant, plus moderne.

Que comptez-vous faire pour y parvenir ?

Il faut lancer la phase de reconquête des courses. Longtemps, elles ont vécu sur leurs acquis, car il fut un temps où il n'y avait que les courses et la loterie. Depuis, les paris se sont largement développés sur Internet. Cette reconquête passe par un travail sur l'image des courses, qui reste complexe, poussiéreuse.

Je fais souvent le comparatif avec le casino. En fait, nous sommes un casino vivant. Si vous voulez participer au spectacle, il faut jouer, et ce n'est pas une honte ! Chacun joue avec ses moyens. On peut jouer avec 1,50 €. Et là, vous pouvez commencer à vivre la course différemment. Vous devenez un peu propriétaire du cheval sur lequel vous avez misé. Vous êtes un acteur.

Concrètement, quels sont vos axes de réflexion ?

Aujourd'hui, par exemple, il est nécessaire d'aller chercher la clientèle jeune. Et s'il n'y a pas Internet, elle ne vient pas. C'est pourquoi le site sera entièrement équipe du Wi-Fi à la fin de ce mois. Il faut également réfléchir à la restauration, peut-être avec des food-trucks, des snacks… mais toujours avec le panoramique, en haut, auquel tient aussi une certaine clientèle.

Et pourquoi pas jouer aussi sur l'humain, sur les jockeys ?

En tout cas, moi, je préfère jouer sur des chevaux plutôt que sur des boules dans une machine. Et je ne propose pas trois millions d'euros, mais d'améliorer le quotidien, avec une nouvelle télé, un bon repas au restaurant…

Quel bilan tirez-vous de ce début de saison ?

C'est mieux que ce à quoi je m'attendais. Ce n'est pas Byzance, surtout que nous sommes concurrencés par l'Euro de football, mais on se tient pas mal.

Source : lamontagne.fr

www.courses-de-vichy.fr