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Allier : le Département veut voir davantage d'entreprises locales travailler sur ses chantiers

Comment permettre aux entreprises et aux artisans locaux de répondre plus souvent aux appels ? Une question que s’est posée le Département, au vu du faible taux de réponse en face de chaque offre.

Les travaux, au conseil départemental, ce n'est pas une paille. La collectivité affiche clairement son désir de créer de l'activité via l'investissement : 52 M€ cette année. Soit peu ou prou ce qui avait été décidé l'année dernière. Un vrai choix politique qui avait déjà été annoncé (quoiqu'au conditionnel) par Elizabeth Cuisset, vice-présidente chargée des infrastructures, des routes et des bâtiments au Département de l'Allier, lors d'une réunion dédiée aux professionnels des semaines avant le vote du budget.

62 % des marchés attribués à des locaux

Concrètement, ce seront des investissements sur le patrimoine immobilier de 2,8 M€, dans les collèges de 7,6 M€ et d'opérations sous mandat (pour le Sdis par exemple) à hauteur d'1,3 M€. Ou encore 2 M€ budgétés pour la construction d'un centre technique à Saint-Rémy-en-Rollat.

Sans oublier les aides indirectes, par exemple les 4,5 M€ injectés pour soutenir le parc privé et public, avec l'objectif toujours affiché de construire 500 logements par an sur 10 ans.

Bref, une enveloppe conséquente. Dans l'idée, de les dépenser, « en faisant travailler au maximum les entreprises locales ». Bien sûr, on ne décrète pas ainsi qu'on travaillera avec des artisans du coin. Il leur faut, à ces entreprises, répondre aux fameux appels de la collectivité et coller aux critères.

Mais sur les 8,5 M€ qui ont été consacrés en 2015 aux travaux dans le secteur du bâtiment, 62 % des marchés ont été attribués aux entreprises de l'Allier. Et 40 % des consultations ne reçoivent « qu'une offre ou deux ». Apparemment pas assez, d'après la collectivité.

Les petites boîtes estiment que « c'est compliqué », qu'elles ont « peu de temps » à consacrer au montage de tels dossiers et qu'elles n'ont « pas de secrétaire » à qui confier cette charge de travail supplémentaire. « Il faudrait presque recruter quelqu'un de dédié ! », relève un menuisier.

Les entrepreneurs notent également que les procédures contiennent parfois « des incohérences ». Et le Département de répondre que « les services concernés par les travaux peuvent être contactés pour toute question, chaque dossier référençant « un contact technique et un contact administratif ». Pas sûr que cela permette aux entreprises de taille modeste de prendre davantage de chantiers départementaux, au vu des réserves émises.

D'autant plus, ajoute Didier Lindron, président de la fédération de l'Allier du bâtiment et des travaux publics, que de plus en plus de dossiers (tous projets confondus, hors Département) demandent de la modélisation en 3D : « Peu sont capables de répondre techniquement. On sera encore plus des sous-traitants des "majors", comme Vinci ou Eiffage ».

Quoi qu'il en soit, le Département affirme sa volonté de faciliter l'accès des chantiers aux entrepreneurs locaux. Exemple avec le marché d'exploitation et d'entretien des équipements thermiques, qui va être relancé cette année (4,5 M€) : « Nous faisons le choix de détailler des lots différents entre la fourniture d'énergie, l'entretien et les solutions d'économies d'énergie ».

Source : lamontagne.fr

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