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Après les attentats : quel rôle pour les sociétés de sécurité ?

Sandy Léonard est le patron d’APGS, une agence de sécurité privée installée à Vichy. Il a expliqué au quotidien La Montagne ce que les attentats du 13 novembre ont changé pour son métier.

A 33 ans, Sandy Léonard a lancé son entreprise de sécurité, APGS 03, en 2014. Ce Vichyssois pur jus s'attend à une montée en puissance de son activité, qui emploie aujourd'hui huit personnes en CDI et une dizaine en CDD.

Les attentats du 13 novembre ont-ils changé votre métier ? « A Vichy, les gens ne se sentent pas forcément concernés directement. En revanche, les plus grosses entreprises oui, comme L'Oréal ou Partouche. Ils nous ont demandé une présence renforcée, c'était déjà le cas chez L'Oréal depuis un petit moment déjà. Mais pour nos clients plus petits, cela n'a rien changé. »

Du coup, avez-vous dû modifier votre organisation ? « On a dû le faire pour satisfaire nos clients et nous avons embauché un CDD de plus, pour assurer le gardiennage. »

Justement, allez-vous recruter ? Et dans quelles conditions se fait votre recrutement ? « Maintenant, les enquêtes de moralité sont faites avant l'obtention de la carte professionnelle, soumise à autorisation administrative. On vérifie à ce moment le casier et les antécédents judiciaires. Puis on a un site internet qui permet de vérifier s'il y a eu un souci entre l'obtention de la carte et aujourd'hui. On a aussi un avantage dans une petite ville, c'est nos bonnes relations avec la police locale. Ils peuvent éventuellement nous signaler des problèmes sur un recrutement. Notre métier est quand même très cadré, même si je trouve que c'était mieux avant la mise en place de la carte professionnelle. Quand on voulait recruter, on donnait l'identité à la sous-préfecture qui effectuait une enquête de moralité : le commissariat et les RG du coin menaient une enquête. Ils ont simplifié le système, pourtant c'était mieux pour nous. »

Quel est le rôle des agents de sécurité ? « Aujourd'hui, on est des agents de dissuasion ou de prévention. On va prévenir le risque. Après, si on voit des trucs bizarres, on ne peut pas intervenir, on fait appel aux forces de l'ordre. Dans les interventions sur alarme et quand on arrive sur un cambriolage en cours, on n'a pas le droit d'intervenir. Le grand costaud à l'entrée du magasin, c'est un préjugé. On a aussi des femmes dans ce métier, qui désamorcent plus facilement des situations conflictuelles qu'un colosse. Sur des interpellations dans des magasins, c'est également mieux d'avoir des femmes. »

Pensez-vous que les services de sécurité privés peuvent être un complément crédible pour des policiers très sollicités ? « Aujourd'hui, la solution c'est nous et la police municipale, qui ne sont pas armés non plus. Pour moi, il faudrait commencer par armer tous les policiers municipaux puis nous mettre en renfort, sans arme, mais au moins avec des matraques. On est en mesure d'encadrer des grosses manifestations, on l'a par exemple fait avec l'Ironman à Vichy. »

En même temps, vous savez que ce n'est pas une position partagée par toute la société, par crainte d'une dérive sécuritaire… « Après, on ne cherche pas à avoir plus de pouvoir car il y aura forcément des abus. Mais nous donner plus de place, oui, en restant dans le cadre de la loi. Les fouilles par exemple, cela doit rester pour les policiers. On ne doit pas empiéter sur ce que fait la police. »

Certains politiques parlent d'installer des portiques dans les gares ou les lycées, d'autres développent la vidéosurveillance. Qu'en pensez-vous ? « Pourquoi pas mais il faut que ce soit en complément avec un humain derrière. Cela ne sert à rien d'avoir un portique qui sonne ou une caméra s'il n'y a pas la présence humaine qui va avec. Aujourd'hui, on voit trop de vidéosurveillance avec personne derrière. »

Misez-vous sur une hausse de votre activité ? « Oui, nous sommes déjà en train d'anticiper. On travaille sur des nouvelles solutions, avec de la complémentarité entre les agents et la technologie. Aujourd'hui, on a par exemple récupéré le marché de l'hôpital de Vichy, où on vient en complément de leurs équipes. Pendant cette période de fêtes de fin d'année, on a aussi récupéré plus de commerces. »

Source : lamontagne.fr

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