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Ces femmes entrepreneurs qui font face aux préjugés

Pour réussir, les entrepreneuses doivent travailler plus dur et se battre à la fois contre les idées reçues et leur manque d'estime de soi. Mais une fois ces barrières levées, elles performent mieux que leurs homologues masculins.

« Les femmes continuent à être victimes d’un fort machisme ambiant et beaucoup souffrent d’un manque de crédibilité quand elles montent leur affaire », certifie Chine Lanzmann. Cette coach spécialisée en leadership qui accompagne entre autres des entrepreneurs et porteurs de projet assure que « pour arriver à un stade comparable, les femmes doivent être encore meilleures et travailler plus dur que les hommes. »

Un récent rapport publié par BNP Paribas (« Entrepreneur BNP Paribas 2017 ») atteste pourtant qu'elles seraient plus performantes que les hommes. Cette étude a été réalisée pour la troisième année consécutive auprès de 2.650 entrepreneurs à succès, des hommes et femmes dont les entreprises dégagent un chiffre d’affaires annuel de plus d’un million de dollars et qui disposent d’un patrimoine personnel de plus d’un million de dollars. Elle montre que si les femmes ne représentent que 34,6 % des entrepreneurs millionnaires, elles créent un petit peu plus d’entreprises que les hommes (3,6 en moyenne) et génèrent un patrimoine plus important.

Les entrepreneuses millionnaires possèdent en effet en moyenne 15,9 millions de dollars, ce qui représente 1,5 million de dollars supplémentaire par rapport à leurs « collègues » masculins.

Oser parler argent
 
La grande majorité des entrepreneurs interrogés reconnaissent que les challenges sur la voie du succès sont plus nombreux à relever pour les femmes. « Beaucoup d'entrepreneuses pointent la nécessité plus d’une grande préparation et de solides connaissances à acquérir, pour lever les doutes et réussir », assure Nikhil Dama, auteur de l’étude et manager chez Scorpio Partnership. Pour Chine Lanzmann, la barrière psychologique trouve sa source dans une problématique sociétale plus large. « Dans l’inconscient collectif, une femme qui demande de l’argent est associée à une prostituée, lance-t-elle, alors que l’homme est associé au businessman ou au bon vendeur. » Le tabou est, selon elle, tellement important que beaucoup ont du mal à fixer leurs prix, annoncer leurs tarifs ou tout simplement se faire payer pour le travail réalisé. « Elles confondent la valeur de leur travail avec leur valeur intrinsèque et considèrent qu’elles ne méritent pas totalement cet argent. » Elles ont également beaucoup de mal à travailler leur visibilité et leur réseau, considérant que cela ne fait pas partie des priorités, alors que les hommes le font plus spontanément.

 

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