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Conciliateur de justice : il est celui qui éloigne des tribunaux

Ils sont des acteurs de la justice dont le rôle est d’inviter plaignants ou victimes… à ne pas se rendre au palais de justice. Là est ainsi l’un des buts majeurs de la mission des conciliateurs de justice : œuvrer à désengorger les tribunaux.

Il ne travaille pas au quotidien dans les locaux du tribunal de Cusset. Pourtant, son rôle est essentiel dans le bon fonctionnement de l'institution judiciaire. Lui, c'est le conciliateur de justice, dont la fonction bénévole en appelle autant à la connaissance des lois et des droits qu'à des capacités d'écoute et d'arbitrage.

Ancien entraîneur

L'arbitrage. Un mot qui doit rappeler de nombreux souvenirs à Jean-Michel Brouet, l'un des deux conciliateurs que compte aujourd'hui le secteur de Vichy. Avant d'occuper ce poste, ce retraité a en effet dédié l'essentiel de son parcours professionnel au monde du football, ayant notamment entraîné jusqu'en Afrique et en Arabie Saoudite. Aussi, c'est tout sauf un hasard si ce Vichyssois d'adoption s'est tourné vers cette fonction de conciliateur.

« Je retrouve beaucoup du travail d'un entraîneur dans le travail de conciliation : écouter, analyser, discuter, voire taper du poing sur la table (rires) ». Car deux parties opposées ne sont pas toujours disposées à trouver un accord à l'amiable.

Litiges du quotidien

Là est pourtant le but du conciliateur : faire en sorte que le moins de litiges possibles soient portés devant le tribunal. « On est là pour montrer que tout peut s'arranger, pour permettre à des affaires d'être traitées dès le départ, avant d'arriver au tribunal », explique Jean-Michel, dont le champ d'action concerne exclusivement des affaires d'ordre civil : problèmes de copropriété, différends de voisinage, contestation de facture, travaux mal réalisés et autres litiges du quotidien.

« Récemment, j'ai par exemple traité le cas d'une personne handicapée qui avait un problème de chauffage chez elle. Il a fallu discuter avec le propriétaire. On n'allait pas laisser cette personne sans chauffage ! ». En revanche, le conciliateur de justice n'est pas compétent pour intervenir dans le règlement de différends relatifs au droit de la famille (qui relèvent du juge aux affaires familiales) ou en rapport avec l'administration (qui incombent au tribunal administratif ou au défenseur des droits).

« Aucun cas ne ressemble à un autre »

Quant à la manière dont le conciliateur est sollicité, elle peut être de deux types : soit il est contacté directement par les deux parties opposées, soit il est recommandé par le juge du tribunal d'instance (ou de commerce). À noter que le conciliateur est nommé par la cour d'appel, et que sa saisine est gratuite.

Sa formation juridique se fait, elle, de manière permanente. « On a des formations continues, explique le conciliateur vichyssois. Mais surtout on se tient informés des actualités législatives, on suit les nouvelles directives juridiques ». Une forme d'auto-formation qui s'ajoute à un planning hebdomadaire parfois chargé, bien que l'activité de conciliation soit de nature bénévole.

« Ça occupe beaucoup, je peux traiter jusqu'à quatre cas dans une semaine. Mais aucun cas ne ressemble à un autre, c'est aussi ce qui fait le charme de la fonction » confesse Jean-Michel, qui semble apprécier sa mission chaque jour davantage. « Car plus on fait ce travail, plus on a le virus de la conciliation ». Quitte à ne pas compteurs ses heures, dans l'unique but « d'aider les autres ». Et de les éloigner des tribunaux.

Pratique. Les permanences des conciliateurs sont assurées les mercredis et jeudis de 10 heures à 13 heures au 14, rue Foch, à Vichy.

Source : www.lamontagne.fr

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