Vous êtes ici

Ironman Vichy : des coaches pour apprendre à se dépasser

Autrefois réservé aux sportifs accomplis, l'Ironman ne semble plus aussi inaccessible. Pour relever le défi, de plus en plus de candidats confient leur préparation à des entraîneurs.

ironman vichy

Ils seront 4.000, le week-­end prochain, à prendre le départ des deux distances de l’Ironman Vichy. Certains viendront même de l’autre bout de la planète pour enchaîner, dimanche, 3,8 km de natation dans le lac d’Allier, 180 km de vélo et 42 km en course à pied. Le triathlon longue distance était autrefois réservé aux sportifs accomplis. Depuis plusieurs années, des mères de famille ou des quinquas soucieux de s’entretenir n’hésitent pas à se lancer dans cette grande aventure du triple effort. Et confient parfois leur préparation à des coaches.

Ils sont deux, à Vichy, à proposer leur expertise. Ancien athlète de haut niveau, champion de France 2008 de triathlon distance olympique, Yohann Vincent entraîne les athlètes depuis 2012 (lire ci-­dessous). La hausse des pratiquants de ce sport qui ne paraît plus si extrême a conduit un autre Vichyssois à effectuer une reconversion professionnelle.

Depuis le 2 janvier, Cyrille Routier a mis entre parenthèses son activité de kinésithérapeute pour se consacrer exclusivement à l’entraînement de triathlètes. Ce quadragénaire, qui avait déjà tenté une expérience de coach de vélo puis encadré des entraînements au sein du club Vichy triathlon, s’est d’abord occupé de la préparation d’une poignée d’athlètes. Son groupe s’est étoffé au point d’atteindre 40 personnes, désormais réunies sous la bannière du Team Kupa’a.

« J’ai beaucoup de Vichyssois mais également des gens du Sud de la France, de Paris, un Français expatrié en Chine ou encore un Italien qui prépare Vichy », précise Cyrille Routier, titulaire d’un master 2 d’entraîneur sportif et préparateur physique. En dehors des séances collectives organisées pour les locaux sur les trois disciplines, le coach, qui dispose d’une certification Ironman, suit la préparation à distance de ses élèves grâce à un logiciel recensant leurs données physiologiques relevées par des montres connectées.

L'half Ironman de Vichy après 25 ans de cigarette

Le programme, individualisé, est fixé en fonction du passé sportif, des capacités et des objectifs de chacun. La vitrine de l’Ironman Vichy Fonctionnaires, salariés, professions libérales, âgés entre 25 et 53 ans, hommes, femmes, tous se retrouvent autour de cette discipline dans l’air du temps.

« Ce sport se démocratise, confirme Cyrille Routier. L’Ironman à Vichy donne envie de s’y mettre. Les gens se disent : “pourquoi pas moi ?”. L’année dernière, j’ai entraîné un homme de 39 ans qui s’est mis au sport après 25 ans de cigarette. Il a bouclé son premier half (la moitié d’une distance Ironman), à Vichy, en 7 h 15’. »

Pour beaucoup, l’envie de se dépasser, de se lancer un défi constitue la principale motivation. Cyrille Routier, qui courra son 10e Ironman, le 29 septembre, dans le Maryland (ÉtatsUnis), connaît parfaitement les ressorts d’une telle épreuve. « C’est un ascenseur émotionnel. On vit des bons et des mauvais moments pour vaincre l’épreuve. À l’arrivée, on fait partie de la famille des “finisher”. On vient chercher un tee­shirt (*). »

Yohann Vincent (Lifetri) : « Le triathlon renvoie une image positive »
Après sa médaille de bronze aux Jeux paralympiques de Rio, en 2016, la triathlète Gwladys Lemoussu n’avait pas oublié son coach, Yohann Vincent, sur son compte Facebook. « Merci particulièrement à Yoyo, mon entraîneur qui me supporte depuis maintenant presque deux ans et qui a cru en moi dès le départ », avait écrit la championne vendéenne.


yohann vincent
 

L'expertise du Vicvhyssois est reconnue. Athlète de haut niveau durant 17 ans, Yohann Vincent a décidé de transmettre son savoir. Son diplôme d’entraîneur de triathlon en poche dès l’année 2000, il a créé Lifetri en 2012. Aujourd’hui, une cinquantaine d’athlètes lui confient leur préparation. Parmi eux, plusieurs membres de l’équipe de France de paratriathlon, de jeunes espoirs français de la discipline comme le Vichyssois Alexis Dupuy (25e au dernier triathlon de Valence). Mais aussi des sportifs bien moins confirmés.
« J’ai autant de plaisir à emmener un champion vers les JO qu’à aider quelqu’un à boucler son premier triathlon sprint. Chacun a sa montagne », confie Yohann Vincent qui met l’accent sur la pédagogie.«Ma philosophie d’entraîneur est basée sur l’humain. Je suis vraiment dans l’affect avec mes athlètes. » Ces derniers sont originaires de Vichy et des environs, mais également de Suisse, de Paris, Nantes, Toulouse ou de Martinique. Le coach vichyssois a suivi de près la popularité grandissante du triathlon. « La discipline renvoie une image positive. Les gens ont de plus en plus envie de se dépasser », décrypte Yohann Vincent qui devrait prochainement s’associer à un autre entraîneur pour répondre à la demande.

Source : lamontagne.fr

Proposer un sujet ou soumettre vos communiqués de presse :

communication@vichy-economie.com