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La Sécu veut dévoiler les motifs d'absence des salariés pour aider les entreprises

Le but de cette expérimentation est de lutter contre l'absentéisme et d'améliorer les conditions de travail. L'anonymat des salariés sera préservé, assure l'Assurance maladie.

C'est un «test» totalement inédit. L'Assurance maladie a décidé de mener une expérimentation en direction de grandes entreprises ayant un niveau d'absentéisme très élevé en les informant des motifs des arrêts maladies déposés par leurs employés. «Le taux d'absentéisme dans certaines entreprises est parfois 3 à 4 fois supérieur à la moyenne des entreprises du même secteur», explique au Figaro Marine Jeantet, directrice des risques professionnels à l'Assurance maladie. Pour l'heure, l'expérimentation - qui a débuté il y a 2 mois - se concentre sur cinq entreprises d'environ 350 salariés chacune réparties dans toute la France.

Concrètement, l'objectif de cette expérimentation est d'orienter les actions des entreprises en vue d'améliorer les conditions de travail. «L'idée, c'est de dire à une entreprise: ‘Vous avez beaucoup d'arrêts de travail liés aux troubles musculo-squelettiques par rapport à vos concurrents, il y a peut-être des actions à faire sur ce sujet'», illustre Marine Jeantet. Pour faire remonter ces données, l'Assurance maladie va utiliser un algorithme qui plongera dans ses fichiers et identifiera des pathologies à partir des consultations et des médicaments remboursés. Seules certaines pathologies sont ciblées, notamment les lombalgies, les troubles musculo-squelettiques ou encore les risques psychosociaux (insomnies, dépressions, crises d'angoisse, burn-out), mais pas les «petits arrêts courants».

Pour encourager la prise de conscience des entreprises, l'Assurance maladie va aussi convertir les absences en coût direct (valeur des salaires versés) et en coûts indirects. «On essaie de parler leur langage et on veut leur faire un petit choc. Les entreprises ne mesurent pas l'impact de l'absentéisme sur leur performance», lance Marine Jeantet.

L'anonymat des salariés préservé

Le traitement des données, autorisé par le Code de la Sécurité sociale, peut susciter des interrogations sur la question de l'anonymat. «Les données partagées avec l'entreprise sont évidemment anonymes», assure Marine Jeantet. Tout d'abord, les données sont agrégées par «grandes familles» de motifs (troubles musculo-squelettiques, risques psychosociaux, etc...). De plus, le dispositif ne concerne que des entreprises de plus de 200 salariés afin que le lien entre les causes d'absence et les salariés soit impossible. «Dans les entreprises que nous expérimentons déjà, cela représente 14.000 jours d'arrêts maladie sur un an», détaille Marine Jeantet.

L'expérimentation sera-t-elle élargie? «On est en phase de test», répond Marine Jeantet. Avant d'enchaîner: «On aura un suivi en 2018 pour voir comment ça se passe. Il faut laisser du temps aux entreprises pour qu'elles mettent en place des actions». À terme, en cas de réussite, l'Assurance maladie aimerait déployer son dispositif dans la France entière.

Source : www.lefigaro.fr

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