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Le crowdfunding a le vent en poupe en Auvergne

De plus en plus de projets voient le jour par le biais du financement participatif ou crowdfunding. En Auvergne, les initiatives foisonnent. 67 % d'entre elles ont abouti depuis 2012.

Depuis son apparition dans les années 2000, le financement participatif via le web s'est répandu comme une traînée de poudre.  Il a permis la mise sur les rails d'un large éventail de projets en France et, bien sûr, en Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région en termes d'initiatives portées  (14 %).

Le « crowdfunding », c'est quoi ?

Le « crowdfunding » (littéralement « financement par la foule »), méthode de collecte de fonds via une plateforme Web, permet à des particuliers, des associations ou des entreprises de trouver des ressources sonnantes et trébuchantes pour la réalisation d'un projet en sollicitant l'implication pécuniaire du public.
Le financement participatif revêt différentes formes en fonction du porteur de projet et de ses besoins : dons avec ou sans récompense ; prêt avec intérêts ou sans intérêts ; investissement en capital, en obligations ou en royalties.

Avant Internet aussi...

L'appel au dons public pour la réalisation de projets n'est pas nouveau. Meilleur exemple : la Sagrada familia à Barcelone. Dons et contributions, à hauteur de 172.000 pesetas, ont financé l'achat du terrain en... 1882. La Fundació de la junta constructora del Temple Expiatori de la Sagrada Família, présidée par l’Archevêque de Barcelone, a été créée en 1893 pour la collecte, qui a progressé au fil des années avec  l’affluence de millions de visiteurs, et se poursuivra jusqu'à 2026, date prévue pour l'achèvement des travaux. Plus près de nous, en Auvergne, les illustrations ne manquent pas. On citera l'église Saint-Barthélemy de La Moutade, à Chambaron-sur-Morge, dans le Puy-de-Dôme. En 1840, les habitants ont participé  au financement des travaux... en acceptant une hausse de leurs impôts, pour un coût total de plus de 45.000 francs de l’époque.

Depuis quand via le Web et pour quoi ?

Avec Internet, et la mise en relation immédiate et virtuelle entre porteurs de projets et donateurs ou investisseurs par le biais de plateformes et des réseaux sociaux, les initiatives ont été démultipliées. Le phénomène nous vient des États-Unis. Il a vu le jour avec le lancement, en 2001, d'Artistshare, la toute première plateforme de financement participatif sur Internet, utilisée par des musiciens de jazz. Aujourd'hui, ce mode de financement peut s’appliquer à tous les types de projets « créatifs, innovants, solidaires ou à portée citoyenne », indique Ulule, qui revendique le rang de première plateforme en Europe.
 

Le « crowdfunding »  en chiffres

Selon le baromètre du crowdfunding en France, publié par l'association Financement participatif France, 233,8 millions d’euros ont été récoltés par ce biais à l’échelle nationale en 2016, contre 166,8 millions en 2015, soit une hausse de 40 %. 96,6 millions ont été prêtés ; 68,6 donnés (dont 7,2 « sans récompense ») ;  68,6 investis. La région Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième en termes de nombre de projets portés (14 %), derrière l'Île de France (23 %) et devant la Nouvelle-Aquitaine (12 %). Le taux de réussite des projets soutenus par l’association  « Auvergne nouveau monde » sur la plateforme Ulule, depuis le début du partenariat lancé en 2012, est de 67 %.

Quid en Auvergne ?

Dans la région, « Auvergne nouveau monde » accompagne le mouvement depuis cinq ans, avec la naissance, en 2012, d'un partenariat avec Ulule.  L'association vient de lancer sa nouvelle campagne sous l'appellation #Up?! Ulule. Avec des idées aussi diverses que la création d'un Fablab dans un hôpital désaffecté (Moulins), la réalisation d'un magazine papier ou encore l'intallation d'une boulangerie bio autour d'un four à pain (Cantal). On les retrouve sur la plateforme :

Communes et collectivités départementales font désormais également appel à ce mode de financement. La Fondation patrimoine Auvergne porte actuellement une centaine de projets, pour la plupart des rénovations d’édifices religieux et historiques.

Ils l'ont fait avec succès

Margaux Chastenet a créé la marque « Il était une fois Auvergne » et lancé un coffret de contes régionaux mis en vente début mai. « Quand j’ai lancé le financement, je n’avais qu’une idée, rien de vraiment concret. Mais cela m’a permis de me constituer une communauté. Et d’avoir une communication plus professionnelle ».

Aurélien Faure a fondé le café Maracuja à Clermont-Ferrand. « Nous n’avions pas encore de locaux quand on a lancé le financement, et on peaufinait notre modèle économique. Certains nous ont suivis uniquement parce que le concept leur plaisait. Certains sont encore des clients fidèles. »

Ça marche à tous les coups ?

« Le financement participatif n’est pas une baguette magique, mais un superbe accélérateur, il met les projets en orbite », résume Véronique Jal,  la directrice d’« Auvergne Nouveau Monde ». 

Car tous les projets ne sont pas éligibles et toutes les initiatives n’aboutissent pas. Pour réussir une campagne de crowdfunding, il faut préparer son message, réfléchir aux contreparties, mettre à contribution ses réseaux et bien informer les donateurs.

« L’un des seuls prérequis, c’est que le projet représente quelque chose et rassemble une communauté large. ».

Source : www.lamontagne.fr

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