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Economie sportive

Le lac d’Allier fête ses 50 ans cet été. Un demi-siècle qui a vu le tourisme sportif changer de dimension à Vichy. Les premiers témoins racontent.

L'histoire s'écrit toutes voiles dehors

Il a fallu ramer. Longtemps. Mais lorsque le plan d'eau est sorti de terre, ce fut une véritable révolution. Pour les gars de l'aviron, mais pas seulement. « Au départ, il n'y avait pas d'autre motivation que celle de l'aviron, se remémore Louis Corréaud, ancien président du club. L'origine du projet est très ancienne. Il y a eu plusieurs tentatives avant la Seconde Guerre mondiale et pendant le gouvernement Pétain, un projet a manqué de peu de voir le jour. Puis on est resté latent pendant des années. »

Jusqu'à l'arrivée d'un certain Pierre Coulon (qui aurait fêté ses 100 ans cette année). « Il s'est rendu compte qu'il y avait besoin de faire autre chose que du thermalisme à Vichy, avec le tourisme sportif. Et la mairie a mis la main au porte-monnaie. » Une longue attente pour tous les rameurs vichyssois. « Notre petit bassin était étroit, très étriqué et n'allait que jusqu'à la Rotonde. Il y avait une passerelle barrage qui n'était mise en place qu'au mois de juin. » Alors, quand le plan d'eau a vu le jour, une nouvelle vie démarrait. « C'est la réminiscence du "lac plaisir" qu'imaginait Napoléon III. Et pour nous, qui étions tellement embêtés dans ce petit bassin, avec le grand plan d'eau c'était comme si on était en prison et qu'on nous disait : "vous pouvez sortir !" »

Démarrés en 1961, les travaux d'aménagement furent une plongée dans le grand bain. Louis Corréaud, alors secrétaire du club d'aviron, travaillait également pour Ligier qui a largement contribué à l'ouvrage. « Le pont-barrage a été réalisé par Borie et la partie gauche par Ligier : le terrassement, le mur de quai, le parcours de canoë-kayak, le Palais du lac (hangar à bateaux), la Maison des jeunes, etc. C'était des travaux très impressionnants. L'entreprise a fait des exploits car on a eu des coups d'eau et deux hivers à - 25, - 30°. Mais il fallait être prêt pour les championnats du monde de ski nautique. On n'était pas aux 35 heures, maintenant il faudrait cinq ans pour faire ça… »

Tout le terrassement côté Bellerive a permis la réalisation du centre omnisports mais également du Creps. « Car il y avait eu une envolée médiatique de ce plan d'eau unique au monde. »

Finalement, tout était prêt pour l'inauguration officielle en septembre 1963 et la première grosse compétition internationale avec le ski nautique. Quand Pierre Coulon a poussé les portes du bureau du club de l'aviron. « Il nous a dit : "vous avez votre plan d'eau, maintenant à vous de l'animer". » Les compétitions se succèdent alors avec le succès escompté : régates internationales, championnats de France, puis les Internationaux de France à partir de 1975. « Les régates à Vichy, il y en avait du monde, on ne pouvait même pas passer ! Quelque chose comme 20.000 personnes », se souvient Guy Purier, ancien champion de France d'aviron.

Place forte mondiale de l'aviron jusqu'en 1990

Jusqu'en 1990, Vichy est l'une des places fortes mondiales de l'aviron et des sports nautiques. « On ne s'en rendait pas compte à l'époque. Ça a permis des retombées économiques énormes. Ça a permis de relancer les sports nautiques : le canoë, la voile, le ski nautique… Au départ, on l'appelait le bassin olympique d'aviron. »

Quelques coups de rames plus tard, 50 ans ont passé. Le plan d'eau a changé la vie des rameurs vichyssois mais il a également bouleversé le paysage touristique de la ville de Vichy. Véritable symbole et écrin de la cité thermale.

 

Source : La Montagne - Julien Moreau

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