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En pleine action sur le bord du terrain

S’il est discret durant les audiences correctionnelles, le greffier joue pourtant un rôle essentiel dans le rendu de la justice.

Dossier numéro 16229000011. Dans la salle d'audience, les affaires correctionnelles s'enchaînent. Deux après-midis par semaine, à Cusset. Derrière ces numéros à rallonge se cache une longue procédure, pour un dossier passé auparavant de service en service. Un véritable travail d'équipe, avant d'entrer sur le terrain.

Après le dépôt de plainte, gendarmes et policiers apportent en personne les procédures au tribunal de grande instance. Chaque jour. Là, c'est le bureau d'ordre, telle une « gare de triage » qui oriente les procédures.

« Une chaîne pénale à taille humaine »

Étape suivante, l'ordonnancement, où les dossiers sont étoffés, ficelés. Puis il atterrit sur le bureau de Frédéric et Jeanne, les deux greffiers en charge de la correctionnelle, une semaine avant l'audience.

À Cusset, le dossier n'a bougé que de quelques mètres mais a déjà changé plusieurs fois de mains. L'avantage d'une petite juridiction. « Ici, on est une chaîne pénale à taille humaine, témoigne Frédéric Barlan. On échange les infos en direct. On a la chance d'avoir la directrice des services de greffe judiciaire à côté, qui impulse et peut nous remplacer. C'est un peu le "coach". Et l'on est toujours en lien avec les magistrats du parquet et ceux du siège. » Les fonctionnaires ont également la main sur un logiciel commun, Cassiopee, avec lequel sont traitées toutes les procédures.

Chaque dossier doit être prêt pour le jour J, l'audience correctionnelle. « On vérifie que tout a été fait en amont. Mais il est possible de remettre une pièce dans un dossier jusqu'au dernier moment. Il peut y avoir aussi des demandes de renvoi ou des demandes de copie urgentes. Souvent, même si les gens sont convoqués trois ou quatre mois avant, ils prennent un avocat juste avant l'audience. »

« Cela demande de la concentration »

Enfin, le véritable « match » se déroule durant l'audience. Le greffier, acteur silencieux mais néanmoins majeur, ne doit pas manquer une miette de ce qu'il se dit. « Cela demande une grande concentration. On prend l'essentiel des débats, ce que dit le procureur, ce que disent les parties, les réquisitions et, surtout, la décision du juge. » Une partie qui ne se déroule pas toujours dans la plus grande courtoisie. Il peut y avoir des incidents d'audience. Là encore, le greffier doit coller au plus près de la réalité et sortir son stylo pour retranscrire. « Les personnes s'énervent, il peut y avoir des insultes, des outrages. »

Greffier depuis 20 ans, Frédéric Barlan a vu le métier évoluer. L'informatique s'est peu à peu développée. « Lors des audiences de juge unique où les délibérés sont rendus tout de suite, on rentre les décisions en direct par ordinateur. C'est le "Bex" (bureau d'exécution des peines). Des choses ont été simplifiées mais il y a plus de choses à faire, comme la visio-conférence ou le visionnage de la vidéo-surveillance, par exemple. »

Après l'audience, pas question de rentrer tout de suite aux vestiaires. Le greffier commence à rentrer les décisions. Une audience, c'est une véritable épreuve de fond. Longue, éprouvante mais passionnante.

Source : www.lamontagne.fr

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