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Depuis l’été, les gaz émanant du centre d’enfouissement du Guègue ressentis jusqu’à Vichy

Les odeurs en provenance du centre d’enfouissement de déchets du Guègue, sur les hauteurs de Cusset (Allier), atteignent certains jours Vichy. Le gestionnaire a prévu des travaux en février et mars.

Jeudi 26 janvier matin encore, l'odeur flottait sur les hauteurs de l'agglomération de Vichy (Allier). Depuis plusieurs mois, le Guègue se rappelle au souvenir des habitants de l'agglomération avec une odeur de déchet fermenté caractéristique. Rien d'exceptionnel pour les riverains, « habitués » à vivre avec.

Mais sur Cusset, elle est plus présente que jamais au point que le maire, Jean-Sébastien Laloy, a récemment demandé à la société gestionnaire, Sita-Suez, d'intervenir. Certains jours, l'odeur dépasse même son périmètre habituel pour atteindre la ville de Vichy.

Sébastien Mangot, responsable des activités de stockage pour Sita-Suez dans la région sud-est, explique les raisons de ces mauvaises odeurs et comment le gestionnaire compte y remédier.

1. Pourquoi ces odeurs ? 

Elles proviennent du biogaz s'échappant des déchets empilés et tassés. La dégradation des produits fermentescibles à l'intérieur de ces déchets dégage du méthane, gaz combustible. Mais cela, ce n'est pas nouveau. Si l'odeur est plus prégnante depuis l'été dernier, c'est en raison de la météo de l'année écoulée qui a favorisé la production de méthane, indique Sébastien Mangot.

« On n'a pas été aidé par un printemps humide, un été très sec et un automne très doux. Et, compte tenu de la topographie du site, les odeurs se diffusent dans le vallon. » C'est le matin et le soir que les odeurs reviennent le plus, « quand les températures changent, les masses d'air se déplacent et amènent avec elles les odeurs ».

Depuis 2009, Sita-Suez capte le gaz combustible afin de faire tourner un moteur produisant de l'électricité. Le méthane est récupéré par des puits forés dans la couche de déchets compactés, et cela évite qu'il ne se propage dans l'air et arrive jusqu'aux narines des riverains.

2. Comment y remédier ? 

Pour vaincre les odeurs, il faut capter davantage de gaz, et donc forer davantage de puits. C'est ce qu'a fait Sita l'été dernier. Les nouveaux puits créés n'ayant manifestement pas suffi, l'entreprise va en creuser de nouveaux au cours des mois de février et mars. « Ces travaux sont récurrents, en fonction de l'avancement de la zone d'exploitation. Il faut sans cesse refaire des puits, au fur et à mesure que l'on remplit le casier », explique Sébastien Mangot.

Au cours de l'automne, le gestionnaire a réalisé une cartographie de la propagation des odeurs, afin de définir les emplacements des nouveaux puits d'extraction du méthane. Les forages seront réalisés en février et mars car « les mois d'hiver sont plus propices à réaliser ces travaux, les riverains restant davantage à l'intérieur de leurs habitations. Ce n'est pas agréable d'avoir des odeurs quand on est dehors, à la belle saison ».

3. Le Guègue est-il un cas à part ?

« La problématique est générale en France, du fait du contexte météorologique de 2016 », assure Sébastien Mangot. Et, « si on compare le niveau d'odeurs avec d'autres installations, la nôtre est très vertueuse, le niveau de gêne olfactive est faible. On n'est pas des mauvais élèves en la matière, mais on reconnaît qu'il faut s'améliorer. Des choses sont engagées pour cela, comme le jury de nez, composé de riverains, qui œuvre en toute transparence ».

Un avis que ne partage pas l'association Vigilance autour du Guègue.

Après les travaux « on refera une cartographie pour vérifier si les zones identifiées sont mieux captées et on compte sur le jury de nez qui est aujourd'hui un des meilleurs indicateurs de la performance », indique le cadre de Sita-Suez.

Patrick Curat, le président de l’association Vigilance autour du Guègue assure recevoir beaucoup d’appels téléphoniques provenant de Vichy et Creuzier-le-Vieux depuis quelques mois. « C’est nouveau. Et cela montre que les nuisances s’écartent de plus en plus. Les gens se lassent, rien n’évolue. On sait bien qu’il faut que cela sente un peu, mais là ce n’est pas un peu, c’est insupportable », peste le président, qui habite tout près du Guègue. « Ils peuvent bien creuser tous les puits qu’ils veulent, cela ne changera rien. Comment voulez-vous que des gaz volatiles soient contenus par une couche de terre et une bâche microporeuse ? Depuis 2011, Sita-Suez amuse la galerie, mais rien n’a changé », estime celui pour qui la seule solution serait « de fermer la décharge ».

Quelles proportions ? 80.00 tonnes de déchets sont enfouies chaque année sur le centre du Guègue.

Quels déchets ? Des déchets ménagers et des déchets d’activité économique : issus des ménages et des refus des centres de tri, qui ont déjà fait l’objet d’une filière de recyclage. « Il y a toujours une fraction de déchets non valorisable dans la chaîne de tri, et c’est cette fraction qu’on reçoit sur le site », indique SitaSuez.

Quelle provenance ? Les déchets traités viennent du département de l’Allier et du nord de la Loire (secteur de Roanne).

Des travaux à quel coût ? La première tranche, réalisé durant l’été a coûté 50.000 € à l’entreprise. La seconde, en février et mars, est estimée à 100.000 €.

Source : www.lamontagne.fr

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