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Une prison nouvelle génération à Riom

Ne dites surtout pas qu'il s'agit d'une prison... Parlez plutôt d'Etablissement pénitentiaire à réinsertion active (ERA). Ici pas de miradors, ni de filins de sécurité. Les espaces sont aérés et les cours végétalisées. On aperçoit même au loin la chaîne des puys qui offre un panaroma de carte postale. Très loin des images d'Epinal. Car le concept de cet établissement à "sécurité adaptée", qui ouvrira en janvier prochain, se veut "moderne et innovant". En effet, il n'existe pour l'instant que trois établissements de ce type en France, à Riom, tout près de Clermont-Ferrand, à Beauvais (Oise) et Valence (Drôme).
Son originalité ? Proposer plusieurs types d'emprisonnement à des criminels classés non dangereux. Le bâtiment de 34 hectares proposera 566 places et plusieurs régimes de détentions : deux quartiers maison d’arrêt destinés aux courtes peines et aux prévenus en attente de jugement ; un centre de détention pour les plus longues peines (notamment des auteurs d’infractions à caractère sexuel) ; un quartier pour femmes d'une trentaine de places et enfin, et surtout, un quartier de semi-liberté de 20 places.
Un étage complet a ainsi était prévu pour ces détenus qui pourront en journée déambuler à leur grè. "C'est en cela que le centre de Riom est différent des autres. Ce concept de détention en maison d'arrêt ouverte, c'est à dire autonome, est très récent. Mais il ne s'adresse qu'à des profils de détenus que l'on sélectionnera en interne et qui respecteront le contrat qu'on leur propose" souligne le chef d'établissement, Pascal Moyon.

80 millions d'euros

L'objectif affiché est clair : améliorer à la fois les conditions de détention, préparer la réinsertion, lutter contre le suicide et prévenir la récidive. Pour ce faire, l'Administration a mis les moyens. Le centre pénitentiaire de Riom, dont le coût s'élève à 80 millions d'euros, proposera aux détenus un confort plutôt inhabituel et une cascade d'activités. Presque toutes les cellules seront individuelles avec douche et toilettes. Pour occuper les 5 heures d'activité quotidienne obligatoires prévues par la loi, les détenus disposeront d'ateliers de menuiserie industrielle, formation professionnelle, salle d'enseignement, médiathèque, bibliothèque, salle de spectacle, salle de musculation, gymnase ou terrains de foot... "Plus on propose d'occupation, plus les tensions sont apaisées", assure le chef d'établissement qui reconnait avoir pour la première fois de sa carrière de "tels moyens". 

Des studios pour accueillir les familles

Enfin, autre originalité, outre les parloirs classiques (une pièce avec table et chaises), les conjoints et les enfants des détenus pourront être accueillis dans des unités spécialement dédiées pour l'accueil des familles : de vrais appartements avec chambres, cuisine aménagée et terrasse. Seuls quelques détenus triés sur le volet pourront y séjourner jusqu'à 72 heures avec leurs proches !
"Cet outil est très performant, notamment en matière de la prise en charge des détenus mais aussi du maintien des liens familiaux puisqu'ils vont pouvoir accueillir les familles dans des conditions de respects de la digité humaine, souligne Nathalie Grand, directrice fonctionnelle des Services pénitentiaires d'insertion et de probation. Nous n'avons pas de recul sur les établissements ERA puisqu'il sont tout nouveaux, mais nous savons que plus les détenus sont préparés à leur sortie, moins il existe de risque de récidive".

Source : newsauvergne.com

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