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Vichy Communauté : avant le 1er janvier

Terminé Vichy Val d’Allier, Exit la Montagne bourbonnaise. Voici Vichy Communauté, issue du mariage des deux collectivités. Mais au fait, à quoi ça sert, une intercommunalité ?

Leurs élites nationales, les citoyens ont de plus en plus de mal à les encadrer. Mais pas touche à leur maire ! Pour son symbole, sa proximité, l'échelon communal ne subit pas les affres du rejet. Sauf que de plus en plus de décisions ne se prennent plus dans les mairies. Mais une marche plus haut, au niveau de l'intercommunalité. Qu'elle soit communauté de communes, d'agglomération, urbaine… en fonction de sa population.

Vichy Val d'Allier était une communauté d'agglo. Après sa fusion avec la Montagne bourbonnaise, au 1 er janvier, elle le restera. Pas évident, pour autant, que les citoyens s'approprient davantage une collectivité qu'ils ont toujours eu du mal à situer.

Alors, une interco ? Pourquoi ? Qui décide de sa taille ? Que fait-elle ? Éléments de réponse avec Frédéric Aguilera, vice-président de Vichy Val d'Allier en charge, notamment, de la mutualisation, et Yvonic Ramis, directeur général des services.

Pourquoi avoir créé des intercommunalités ? « Les élus doivent faire face à de plus en plus de problématiques, de technicité sur leur territoire, liées aux demandes de leurs concitoyens. La plupart des communes, de manière isolée, ne peuvent plus y faire face. Il s'agit également d'optimiser les coûts. »

Concept aussi abscons que déterminant, en la matière : la « subsidiarité ». « En fait, il s'agit de savoir à quel niveau on est le plus compétent pour agir. Par exemple, est-ce que c'est le Département qui doit s'occuper des crottes de chiens à Vichy ? À l'évidence, non. C'est cette réflexion qui a mené à la création des intercommunalités dans les années 90. »

Deux exemples : « À l'époque, les communes se faisaient la guerre pour attirer des entreprises, et donc percevoir la taxe professionnelle. C'était violent, par exemple avec des communes comme Saint-Yorre. On en était à se piquer des sociétés sur le même territoire. Cette concurrence était stérile ! »

De même l'école de musique de Vichy, « qui attire 50 % de Vichyssois, et 50 % de personnes extérieures à la commune. Et ce sont les Vichyssois qui payent. »

Enfin, globalement, « les communes centre n'attirent plus de nouvelles populations, qui préfèrent s'installer dans les zones périurbaines. Or, tous les services restent dans les communes centre. » Une question d'équilibre, comme disait la chanson.

Comment définit-on le périmètre d'une interco ? « Au départ, il existait une notion de "bassin de vie". L'idée, c'était de construire un territoire à partir de cela, en fonction des habitudes des populations. »

Artificiel, donc ? « Oui, hormis s'il s'agit d'une montagne ou d'un fleuve, toutes les frontières sont artificielles. On débat depuis un siècle sur les frontières de la commune de Vichy ! D'ailleurs, il nous manque 2-3 communes du Puy-de-Dôme, qui devrait logiquement être avec nous, comme Saint-Priest-Bramefant ou Saint-Sylvestre-Pragoulin. Mais le préfet n'a pas voulu. »

Comment définit-on la gouvernance du territoire ? « Quand le président de l'interco n'est pas maire de la ville-centre, ça pose souvent un problème. Mais c'est une question d'hommes, et de circonstances. »

Depuis 2014, l'élection des conseillers communautaires se fait au suffrage universel indirect, en même temps que les élections municipales. Une avancée démocratique suffisante, eu égard au déplacement du centre de pouvoir ? « Quand on regarde le conseil communautaire, après le 1 er janvier, dans 35 communes sur 38, c'est la liste sortie en tête qui sera représentée. Il n'y aura du pluralisme que dans trois communes. À mon sens, quand les élus communautaires seront élus au suffrage universel direct, l'interco entrera en concurrence directe avec les communes, qui ne voudront plus donner leurs compétences. Cette étape démocratique sera possible, mais quand on sera arrivés au bout du bout. Ce qu'on fait depuis deux ans, on n'aurait jamais pu le faire », estime Frédéric Aguilera.

Les interco sont-elles assez lisibles ? « La notion de guichet unique est fondamentale. Par exemple pour le permis de construire. La pré-instruction sera organisée au niveau de l'agglo. On mettrait une plaque pour Vichy, et une plaque pour l'agglo ? Arrêtons ! Pour l'enfance, c'est pareil. La tambouille administrative, ça doit être transparent pour le citoyen. La fusion, pour lui, ça ne changera rien.

Source : www.lamontagne.fr

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