Vous êtes ici

Métropole Clermont-Vichy

Pourquoi une métropole Clermont-Vichy ? Olivier Bianchi et Claude Malhuret étaient dernièrement face à la rédaction de la Montagne.

Créé pour coller à une réalité géographique, le Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne est devenu une nécessité afin de peser dans la future grande région, estiment les maires de Vichy et Clermont-Ferrand.

Pourquoi une métropole Clermont-Vichy ?

Claude Malhuret, maire UMP de Vichy, président du syndicat métropolitain : « Ce pôle correspond à une réalité politique, mais aussi démographique, sentie et attestée par l’Insee. On assiste à un changement de polarité. Depuis quinze ans, le développement démographique de l’agglomération clermontoise se faisait vers le sud et vers l’est. Mais depuis quelques recensements, on voit que ce développement se fait plus vers le nord. Fin 2013, la création du syndicat correspondait à la volonté d’organiser cette réalité. À l’époque, il n’y avait pas d’urgence, mais la réforme territoriale a entraîné un changement rapide des enjeux. Le danger, c’est d’avoir une région à deux vitesses ».

Olivier Bianchi, maire PS de Clermont-Ferrand : « La création de ce syndicat mixte correspondait à une intuition, elle est devenue une obligation, avec la loi NoTRE sur la réforme territoriale, l’arrivée de la région Auvergne/Rhône-Alpes et ses pôles urbains. Au milieu de la grande région, vous avez une colonne vertébrale métropolitaine, qui passe par Annecy-Chambéry, Grenoble, Lyon, Saint-Étienne et nous, qui nous avons des embryons d’outils avec l’agglomération de Clermont et cette plaque métropolitaine avec qui nous commençons à peine à travailler. »

Quel positionnement face aux collectivités ?
Claude Malhuret : « Il ne faut pas se tromper, un pôle métropolitain n’a pas vocation à prendre les compétences des EPCI (*). Il coordonnera les compétences, mais il ne les prendra pas. La loi PLM n’est valable que pour Paris, Lyon et Marseille, et demain dans les autres métropoles, on ne va pas amputer les cœurs de région. »

Olivier Bianchi : « Ce n’est pas une arme contre les départements. Ce n’est pas non plus une question de compétition avec les autres métropoles, mais de distinction. Il faut que cette plaque métropolitaine trouve sa place parmi les autres territoires de Rhône-Alpes. Par exemple, en matière de tourisme d’affaires, la marque Clermont-Vichy, ça a de la gueule, ce n’est pas la même chose que les marques Clermont ou Vichy toutes seules. Le tourisme familial doit rester l’affaire des EPCI, mais la bagarre pour obtenir des congrès, c’est la marque Clermont-Vichy. »

L’avenir ?
Claude Malhuret : « Nous allons organiser un séminaire avec les 31 membres du syndicat. Ce sera peut-être début septembre, lors de la Foire de Clermont. Nous avons créé quatre commissions qui sont en train de définir des priorités. Déjà des tendances se dégagent, comme l’axe de la rivière Allier, la desserte ferroviaire vers Lyon. Lors du séminaire, nous présenterons publiquement des projets. »

Olivier Bianchi : « La métropole lyonnaise est allée très vite, mais je vois que ce n’est pas si simple aujourd’hui, il y a des grèves, des tiraillements. Attention aux précipitations. Mais on ne va pas non plus passer six ans sur les outils pour prendre notre place dans cette grande région. 2015 est l’année de la discussion, 2016 doit être celle de la concrétisation. » 

 

Débat animé par Laurent Bernard, Laurence Coupérier, Cédric Gourin et Jean-Yves Vif

(*) Établissements publics de coopération intercommunale.

Source : lamontagne.fr