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DOCKS DE BLOIS A VICHY : ILS TEMOIGNENT DE LEUR TRAVAIL DANS CETTE GRANDE ENTREPRISE

Voila deux semaines que la démolition des anciens Docks de Blois a débuté. Nous avons rencontré des anciens salariés de cette entreprise qui approvisionnait les magasins Familistère avant 1972, puis les enseignes Radar.

Michel Noble et André Getenet

Avant d'être fermés et abandonnés en 1988, les Docks de Blois ont employé jusqu'à 300 personnes. Certains témoignent du passé de cette entreprise qui approvisionnait les magasins Familistère avant 1972, puis les enseignes Radar.

Michel Noble, responsable de l’imprimerie

« J’ai débuté dans la société le 16 août 1965 en gérant durant deux ans et demi le Famiprix des Ailes. Avec 300 m2, c’était le plus grand magasin du coin. Puis, je suis allé au siège rue Fleury où je me suis occupé de la décoration des magasins pour Noël et les promotions.

Courant 1970, j’ai intégré l’imprimerie des Docks où tout était fait en interne, les bons de commandes, les papiers administratifs, les étiquettes de vin, les prospectus… L’imprimerie a été fermée en 1984. J’ai été reclassé à l’entrepôt comme approvisionneur jusqu’au licenciement en 1988.

Quand on a vu fermer certains services, on s’est dit que ça sentait le roussi. C’est vrai que les bâtiments étaient archaïques. Il fallait circuler avec des chariots roll selon un circuit bien précis, car on ne pouvait pas faire demi-tour. Je me souviens qu’il y avait un garage pour entretenir la flotte de camions de livraison et les 2 CV camionnettes vertes. Cela fait quelque chose de voir démolir ces bâtiments."

André Getenet, responsable mercerie et transport

« J’ai débuté en 1961 comme manutentionnaire avant de devenir responsable de la mercerie, au premier étage, puis au transport. On livrait jusqu’à 200 tonnes de marchandise chaque jour. Il arrivait des wagons avec de la vaisselle posée à même le sol avec de la paille pour caler. Il y avait aussi des fouilles parfois. Le portail était fermé et il y en avait deux ou trois qui étaient choisis au hasard et fouillés. »

Martine Dautraix, service commercial

« En juillet et août 1968, à l’age de 16 ans, j’ai travaillé aux Docks du Bourbonnais, c’était leur nom à l’époque. J’y suis retourné l’été suivant et on m’a proposé de m’embaucher à la suite. J’ai travaillé à la facturation, puis à la comptabilité.

En 1972, il y a eu l’informatisation avec des cartes perforées que l’on envoyait à l’ordinateur central de Paris chaque semaine. Il y avait un immense bureau pour la comptabilité avec 60 personnes. On était dévisagé de la tête au pied quand on le traversait. J’ai ensuite travaillé au service commercial où je m’occupais de la publicité.

Je me souviens de lieu extraordinaire comme la zone d’embouteillage du vin, de la menuiserie qui réalisait des caisses de transport, de la torréfaction ou encore du magasin d’ameublement où j’ai acheté le meuble télé que j’ai encore aujourd’hui. L’imprimerie s’est installée à la place des meubles.»

Marianne Carthelat Roche, service courrier

« Je suis rentrée aux Docks en 1982, pour un job d’été, grâce à ma grande tante qui était responsable des achats. Une place s’est libérée au service courrier et on me l’a proposée. C’était les dernières années de l’entreprise. Quand j’ai vu comment ça tournait, j’ai demandé au responsable si j’étais dans la prochaine charrette. Il m’a dit oui, alors j’ai profité d’une opportunité pour partir en 1987. Les Docks de Blois ont été une sacrée boite. »

Bernard Benassy: « J’avais pour mission de replier la toile afin de préparer la cession »

Dernier directeur des Docks de Blois de 1986 à 1988, Bernard Benassy assume la mission qui était la sienne. Restructurer l’entreprise pour transférer l’activité à l’entreprise Disque Bleu. Face aux engins qui rongent peu à peu les grands bâtiments des anciens Docks de Blois, Bernard Benassy s’étonne. « Je suis surpris que ces locaux soient encore là, tant de temps après. Cela aurait dû être fait depuis bien longtemps même si j’ai conscience que c’est un chantier immense. » Trente ans après, les souvenirs émergent peu à peu et l’ancien directeur joue la carte de la franchise. « 30 ans, c’est loin ?! Mais ma mission, à ce moment-là, était claire. Je devais replier la toile pour préparer la cession à Disque Bleu. » Une mission difficile impliquant le licenciement de nombreuses personnes qui, pour certains étaient là depuis l’âge de seize ans. « J’ai dû licencier. Ça ne fait jamais plaisir mais c’était le métier, résume Bernard Benassy. D’autant plus que beaucoup avaient de l’ancienneté, avec l’homme qui travaillait à l’entrepôt et sa femme dans les bureaux. C’était la difficulté… » « À cette époque, il y avait énormément de restructurations c’était plus facile qu’aujourd’hui. Mais je me souviens avoir été séquestré à l’entrepôt de Moulins. À Vichy, c’était un peu plus calme parce que je pense que tout le monde voyait bien que les locaux étaient anciens. »

Source : www.lamontagne.fr