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Les 10 ans du Centre Culturel Valéry Larbaud

Les carnets économiques du territoire

Le CCVL fête ses 10 ans de programmation. De Bénabar à ses débuts, en passant par Jean-Louis Aubert, la Grande Sophie, Stephan Eicher, Cali, Brigitte, Vincent Delerme, Yann Tiersen, Dionysos et bien d’autres encore, Karim Boulhaya, son directeur, revient sur ce défi qui fut le sien et celui de son équipe : faire de ce théâtre à l’italienne d’une capacité de 477 places, un lieu dédié aux Musiques Actuelles.

Le centre culturel possède une grande histoire à Vichy. Construit au début du siècle dernier (1906), il connaîtra plusieurs évolutions pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Appelé « Café de l’Univers » puis rebaptisé le « Petit Casino », il a toujours été un lieu de spectacles très prisé des vichyssois.

« Un vrai théâtre où se produisaient des chansonniers, one man show de l’époque, humoristes, opérettes… » A partir des années 50, face à l’envergure que prenaient d’autres structures telles que l’Opéra, il fut surtout utilisé pour des conférences.

Le changement s’est véritablement opéré à la fin des années 90. L’idée était, en corrélation avec la création du Pôle Universitaire Lardy (cf carnet économique du 17/11/11) de trouver une programmation correspondant aux attentes des étudiants.

« Nous sommes partis de rien. La salle n’avait aucun passé dans ce créneau-là. C’était un vrai défi : faire reconnaître cette salle comme une scène de musiques actuelles. », confie Karim Boulhaya (cf photo). Malgré des débuts difficiles, ils ont fait preuve de chance en pariant sur des artistes qui, aujourd’hui, sont nationalement connus. « Le concert de Benabar n’était pas complet quand il est venu au début des années 2000 !! Nous avions pour réputation de trouver des gens qui faisaient le buzz après. »

Les années passant, l’expérience aidant, les productions et les professionnels du spectacle leur ont fait confiance. « Ça se passe plutôt bien. Le public est de plus en plus là. Nous avons mis le doigt dans un engrenage. La confiance des producteurs, des tourneurs, des artistes et le bouche à oreille ont fait qu’on nous a proposé des artistes plus importants. Nous avons eu un budget aussi qui nous a permis de les prendre. Pour nous, c’était assez flatteur. Nous sommes un peu victimes de notre succès. »

Leur plus beau défi a été d’avoir Jean-Louis Aubert en 2007. « Nous étions la plus petite salle de sa tournée. Pour lui, une petite salle, c’est 1500 places. Ici, nous en avons 477. L’avoir eu, cela a été un véritable tour de force. »

Le public au rendez-vous

« Nous avons mangé notre pain noir au départ. Cela fait six ans que nous affichons quasiment complet à tous les concerts. » Le public vient essentiellement du bassin vichyssois mais aussi de Clermont-Ferrand et parfois de plus loin. « 10% environ viennent de l’extérieur. Certains artistes attirent des gens qui les suivent un peu partout. »

Le leitmotiv du CCVL, c’est l’éclectisme. « Nous faisons du rap, de la chanson, du rock, de la pop, de la musique du monde… Faire en sorte que sur huit à dix dates de concerts par saison, chacun puisse se dire qu’il y en a, au moins une, qui lui correspond. La facilité est de proposer des artistes qui ont une certaine renommée et qui sont capables de remplir une salle. Ça peut très vite être complet. »

Quant aux relations avec l’Opéra, une complémentarité s’est faite d’elle-même. « Notre programmation a un public ciblé. L’Opéra se tient aussi au sien. Nous sommes sur le même chemin. Il n’y a pas de divergence. « 

Un réseau de confiance

Faire venir des artistes à Vichy signifie aussi pour l’équipe du CCVL d’assurer leur accueil. « Les artistes voyagent souvent en bus et arrivent dans la nuit. Nous les avons du petit déjeuner jusqu’à  parfois trois heures du matin. » Pour cela, Karim Boulhaya s’est constitué un réseau local de restaurateurs et d’hôteliers. « Nous travaillons avec l’Hôtel De Grignan, un trois étoiles qui correspond souvent en termes de standing à ce qui nous est demandé. Du côté des restaurateurs, le Quartier Latin propose un excellent repas pour le midi. Le restaurant « Les Caudalies » est très bien aussi pour le soir. » Flexibilité et réactivité vis-à-vis du mode de vie des artistes telles sont les deux exigences qui leur sont demandées.

Jeune public

En plus de la programmation de musiques actuelles, le CCVL s’est positionné sur les spectacles pour enfants. « Il y a un réel potentiel et une grande attente. Nous avons commencé petit avec quatre spectacles en saison. Puis, s’est greffé le Festival Tintamarre(du 19 au 27 novembre cette année) co-organisé avec l’association Musiques vivantes de Vichy. » Les chiffres du bilan de la dernière édition parlent d’eux-mêmes : 3 500 enfants et adultes cumulés (dont + de 2 000 scolaires).

Dans le cadre d’un partenariat, la communauté d’agglomération Vichy Val d’Allier, par la prise en charge du coût artistique des projets et de l’acheminement des enfants, permet à tous les scolaires du bassin d’accéder gratuitement à certains spectacles proposés par le CCVL, le Théâtre de Cusset et le Geyser de Bellerive-sur -Allier.

Expositions

Le CCVL, c’est aussi depuis trois ans, la gestion du service des expositions : programmation artistique autour de l’art contemporain, des concours photos et des créations à destination des enfants. « C’est un petit service puisque seules deux personnes s’en occupent, Jérôme Schirtzinger à temps complet (alias « Cheub » cf carnet économique du 12/04/12) et moi-même, à mi-temps. » Huit expositions sont programmées par an.  Le service bénéficie d’une surface de plus de 600M2. 

Les projets ne manquent pas. Le budget alloué va permettre de maintenir une programmation telle que les gens la connaissent actuellement. Sans oublier que le CCVL fête en ce moment ses 10 ans et compte bien créer l’engouement avec notamment Alain Souchon ou encore Inna Modja et The Elderberries au programme.

 

Centre Culturel Valéry Larbaud

15 rue Maréchal Foch –  03200 VICHY

04 70 32 15 33

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