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Le Sporting tennis

Les carnets économiques du territoire

Une affaire familiale et un homme-orchestre

« Le bassin de vichy est un cadre de vie magnifique »

Patrick Corrazzin est un enfant du pays. C'est sur les courts de tennis de Bellerive-sur-Allier qu'il a fait ses premiers pas, aux côtés de son père Coco. Aujourd'hui, il est maître des lieux avec Cyrille Nief, son associé.

Retour sur une histoire familiale qui puise ses forces dans le territoire.

Coco est un homme très occupé. « Overbooké », il est très sollicité et l'homme à tout faire se jette partout. Mais quand il nous accorde un moment, on n'a pas envie que cela se termine. On peut tout évoquer avec lui : les affaires, l'amitié, les femmes, les lettres, les bons vins…et bien sûr le sport ! Cet homme, très attaché à son territoire et à ses racines, a cherché partout…mais nulle part il n'a trouvé ce qu'il a chez lui. « On est très bien ici, c'est un petit paradis. Je n'ai pas trouvé ailleurs ce cadre de vie magnifique et autant de choses à faire en me réveillant tous les matins avec un grand sourire »

C'est, en effet, en 1936 que son père, Ilès Corrazzin alias Coco, alors âgé de 10 ans, a commencé comme ramasseur de balles au Sporting, club omnisports privé de la Compagnie Fermière. L'immigré italien ne le savait pas à l'époque, mais toute sa vie allait désormais être rattachée à l'histoire du Sporting, fleuron de la station thermale tout le long du XXe siècle. Comme le père, le fils s'identifiera avec la même énergie au complexe sportif…et, à 58 ans, il ne se voit toujours pas faire autre chose.

Situé au bord de l'eau, entre le pont de Bellerive-sur-Allier et le champ de courses, le site, créé vers 1908 avec le golf comme première discipline par Joseph Aletti, en a vu défiler du monde. Plusieurs disciplines y ont été pratiquées. Certaines ont disparu, d'autres sont arrivées. Le Sporting a notamment accueilli les plus grands noms du sport des années 1950 jusqu'aux années 1990. La coupe de Galéa, équivalent de la coupe Davis juniors, a ainsi enchaîné quatre décennies sur les terrains de tennis du Sporting Rive gauche.

Patrick Corrazzin, qui a tout de même propulsé le tennis vichyssois en National en 1971, puis en 1984, est aujourd'hui, lui aussi, appelé Coco. Comme par héritage. On lui a attribué le surnom de son père, aujourd'hui âgé de 84 ans, pour qu'il soit toujours prononcé en terre battue.

En 1998, alors que le sporting allait mal, il obtient avec Cyrille Nief la location-gérance du site. Les années passent et la société, comme le tennis à l'échelle nationale, n'arrêtera pas de péricliter. Les années 2000 aggraveront le déclin de la raquette. « Mais cet écrin de verdure magnifique et de terre battue ne devait pas être abandonné ! », rappelle Patrick Corrazzin. Malgré les tempêtes, les deux associés résistent, se battent et acquièrent enfin les biens en 2005.

Diversifier pour survivre

Quand ils se sont appropriés le Sporting, « Coco » et son associé ont tout misé sur la diversification et « plus d'ouverture ». Il était évident que le tennis ne pouvait suffire, seul, à faire tourner le site de cinq hectares. Leur stratégie économique est pourtant toute simple, mais bien payante. « Nous avons mené deux réflexions pour redynamiser le site. Le développement des installations, comme l'accrobranche, et la création de nouvelles activités dans un premier lieu. Deuxièmement nous avons voulu développer les stages et les formations, notamment avec le Cavilam qui est notre principal partenaire. Ceci en plus des sorties organisées (Vulcania, le Pal…), de la piscine et de la tenue du restaurant le Galéa. D'autant que l'activité du tennis connaissait une baisse considérable dans toute la France. »

Aujourd'hui, le Sporting Rive gauche se porte bien. Il accueille les étudiants du Cavilam chaque vendredi, une centaine de stagiaires par semaine et quelques milliers de clients divers par mois. Cinq personnes s'occupent du restaurant, deux de l'entretien, une exclusivement de l'accrobranche et quelques encadrants se consacrent, enfin, aux entraînements sportifs. « Tous animent le site qui s'inscrit aujourd'hui dans une dynamique de création d'emploi », confie le Responsable des lieux.

Le Galéa s'est même offert le luxe de faire appel aux services d'un ancien chef étoilé. « Michel Rubod est un homme qui connaît la cuisine. J'ai eu la chance d'obtenir ses services après un simple coup de fil. Nous avons commencé à mettre en place une nouvelle carte sans pour autant faire du gastronomique. L'idée est surtout de faire de la cuisine de goût en conservant l'esprit club du Sporting. »

Patrick Corrazzin est un passionné. Sa vraie valeur c'est le travail, son point fort c'est le travail et sa devise « le travail comme plaisir ». Mais sa force, il la trouve dans son milieu naturel, dans le territoire, avec sa famille, ses amis et les lieux qui ont baigné toute son enfance.

Quant à son mérite, il est grand tant l'homme-orchestre assure, malgré toutes les difficultés, la survie de ce site historique déjà centenaire !

 

3 Questions à Patrick Corrazzin

Pourquoi un tel attachement au territoire ?

Je n'arrive pas, sincèrement, à imaginer un endroit mieux qu'ici, un cadre aussi magnifique. La famille et les amis sont là, nous avons accumulé des relations depuis plus de 70 ans et nous y tenons vraiment. Mais si j'ai voulu reprendre le Sporting, cet endroit mythique du bassin de Vichy, c'était aussi pour remercier mon père de l'éducation sportive et du parcours qu'il m'a offerts. Je suis à l'affût de tout ce qui se passe sur le territoire et ma préoccupation première est la prospérité économique du site. Nous avons sauvé le tennis en diversifiant et en mettant au point des stratégies efficaces. Mais nous sommes finalement inséparables du territoire, et le territoire a, lui aussi, besoin de nous.

Comment gérer autant d'activités à la fois, en plus des étudiants étrangers du Cavilam, des sportifs amateurs et professionnels, des clients du restaurant, des fêtards… ?

C'est tout le temps la course. Coco par-ci, Coco par-là. Je n'ai pas une minute à moi, mais j'aime beaucoup ce que je fais. Il faut quand même dire que je connais un sacré monde dans le bassin de Vichy et beaucoup de monde me connaît. Et puis je suis du genre à entretenir mes relations. Mais c'est surtout le changement de la structure, avec les nouvelles activités et les programmes d'entraînements renforcés, qui nous ont permis de sauver le Sporting Rive gauche. Et cela implique bien évidemment beaucoup de travail, beaucoup d'occupation. Nous avons aussi du pain sur la planche avec le restaurant, les soirées et les anniversaires…C'est bien simple, au Sporting Tennis, on vient toujours pour s'amuser. Il y a du sport, des loisirs, de la bonne restauration, de la musique qui bouge et c'est surtout ici que les gens aiment venir prendre leur bouffée d'oxygène.

Qu'est-ce que le territoire évoque finalement pour vous?

Contrairement à l'étiquette « thermale » véhiculée inconsciemment par beaucoup de gens, notre territoire est très riche. Nous avons des entreprises qui fabriquent des choses merveilleuses, de l'énergie créative et des hommes qui défendent les valeurs du bassin de Vichy. Pour ma part, c'est ici que je suis né, c'est aussi ici que j'ai vécu les plus belles choses de ma vie et fait les quatre cents coups…mais il ne faut surtout pas compter sur moi pour partir ailleurs !

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